ALEXANDRE, CASIMIR, ÉLOPHE MELCION D'ARC 


Un de mes grands-oncles. Le tableau se trouve chez mon frère Dominique.

Le Moniteur Universel. Jeudi 7 Septembre 1854.

Nous apprenons avec douleurs une pertes dès plus regrettable : Monsieur Melcion d'Arc, intendant militaire en retraite, s'est noyé le 2 septembre en voulant sauver un jeune homme de 17 ans. Voici comment cet affreux malheur est arrivé.

Invité pour l'ouverture de la chasse au château de Beauregard à 24 km de Tours, sur la route de Vendôme, monsieur Melcion d'Arc, après avoir chassé le 1er septembre partit le lendemain pour la pêche avec deux dames et un jeune domestique. Celui-ci qui ne savait pas nager, étant tombé dans un fond raviné de la rivière, fut emporté par le courant et monsieur Melcion d'Arc sans consulter son âge, (il était dans sa soixante et dixième année), ni ses forces, se jeta à l'eau pour le sauver; mais ses moyens furent paralysés par les mouvements convulsifs du jeune homme qui en se cramponnant à lui, l'entraîna au fond, où ils périrent tous les deux.

Après une vie toute d'abnégation et d'honneur, monsieur Melcion d'Arc a terminé par un acte de sublime dévouement, sa carrière si noblement remplie.
Né à Paris le 1er Août 1785, monsieur Melcion d'Arc (Casimir, Élophe) entra dans le notariat dès 1798 et y travailla jusqu'en 1805.
Incorporé à cette époque au 3° régiment de ligne, sa connaissance du droit et des affaires le fit appeler immédiatement à l'état major général. Le maréchal Kellermann, duc de Valmy, l'attacha à sa personne et dans ses commandements successifs, monsieur Melcion d'Arc, dirigea tout le travail de son état-major. C'est dans cette disposition, qu'il devient adjoint aux commissaires des guerres en 1809 et commissaire des guerres en 1813.
Remarqué par l'Empereur Napoléon, l'appela à diverses reprises près de lui et entre autres travaux le chargea de lui proposer la réorganisation de l'armée pendant l'armistice de Dresde.
Entré au ministère de la guerre en juin 1815, monsieur Melcion d'Arc y fut fait successivement chef de plusieurs bureaux et chef du cabinet du maréchal Gouvion Saint Cyr en 1817. En 1822, il fut employé de nouveau dans le grade de sous-intendant militaire.
Après les journées de 1830, le maréchal Gérard lui confia aussi, comme ministre de la guerre, la direction de son cabinet, direction qu'il a conservée sous les maréchaux duc de Dalmatie et duc de Trévise. En 1835, il fut appelé à l'intendance militaire de l'armée d'Afrique et en 1840 'au comité de l'infanterie et de la cavalerie. Au commencement de 1842, monsieur le maréchal Soult de nouveau ministre de la guerre, le nomme chef de la division des affaires d'Algérie.
Des travaux excessifs, des veilles continuelles altèrent sa santé et l'obligèrent à se démettre de ce poste en mai 1843 pour rentrer au comité de l'infanterie. II s'y trouvait encore dans les premiers jours de 1847, lorsqu'il fut choisi pour l'intendance de la 1ère division militaire. II continua à exercer ces fonctions dans les circonstances les plus graves et les plus difficiles de février et de juin 1848, jusqu'en août 1849, époque à laquelle il fut admis à faire valoir ses droits à la retraite.
Monsieur Melcion d'Arc comptant alors plus de 37 ans de services et 9 campagnes. II fut admis dans le cadre de la réserve en vertu du décret du 26 septembre 1852.
Chevalier de la Légion d'Honneur le 2 septembre 1814, officier le 20 juillet 1830, il avait été nommé commandeur le 19 janvier 1837. Retiré à Tours où l'un de ses gendres, monsieur le général Cuny commande en ce moment, par intérim, la 1e division militaire et où un autre de ses gendres, monsieur Rothé est intendant militaire, monsieur Melcion d'Arc avait mis au service de sa ville adoptive sa haute expérience et les connaissances qu'il avait acquises par une longue pratique administrative : il avait plus particulièrement consacré ses soins aux établissements de bienfaisance et aux hospices où son esprit charitable trouvait naturellement plus d'occasion de s'exercer. Aussi jouissait-il dans toute la ville de l'estime la plus méritée et la nouvelle de la mort de cet homme de bien a-t-elle été accueillie par un deuil général.
Une lettre de Tours en date d'hier 4 septembre, nous exprime les regrets universels causés par la perte de monsieur Melcion d'Arc. Au moment où cette lettre allait être mise à la poste, les troupes commandées pour rendre les honneurs militaires à la victime d'un si noble dévouement étaient rassemblées et toutes les notabilités de la ville s'unissaient à l'armée pour honorer ses obsèques.





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