Documents généalogiques inédits pour servir à l'histoire de la famille d'Arc, par Léon, Paul Piel

LES MELCION D'ARC

Melcion d'Arc
Les Melcion d'Arc


UNE BRANCHE DE LA POSTÉRITÉ DE JACQUEMIN D'ARC DU LYS, FRÈRE AÎNÉ DE JEANNE D'ARC

Au mois de février 1902, les journaux annonçaient qu'une dame Cuny, veuve du général de ce nom, et née Melcion d'Arc, venait de mourir à Cherbourg. Les journaux ajoutaient qu'elle se rattachait à la famille de l'héroïne par la descendance de Pierre du Lys, son plus jeune frère.
Présentée de la sorte, cette filiation généalogique réveilla une ancienne polémique qui remonte à l'année 1878, quand M. Boucher de Molandon découvrit aux Archives nationales une enquête datée de 1502. (1)
Cette enquête démontrerait, au dire de ce très distingué archéologue, que Pierre du Lys, frère de Jeanne d'Arc, n'a eu qu'un fils, Jean du Lys, mort sans héritier.
Bien que les sources historiques (2) qui permettent d'attribuer à Pierre du Lys une descendance dont se réclament plusieurs familles soient enveloppées, il est vrai, de quelque obscurité, il nous paraît toutefois très imprudent de s'en rapporter complètement à l'enquête de 1502 pour en déduire que Pierre du Lys n'a pas eu de postérité.
Au cours de l'année 1903, l'Intermédiaire des Chercheurs a publié, sous la signature de M. le chanoine Henri Debout (1), quelques articles fort judicieux qui semblent bien prouver que Pierre du Lys a eu réellement plusieurs enfants. Quoi qu'il en soit, la descendance de Pierre du Lys ne fait l'objet de la présente étude. Il ne s'agit que de la famille Melcion d'Arc, dont les ascendants se rattachent non pas à la postérité de Pierre du Lys, comme l'a annoncé par erreur le correspondant du Petit journal au mois de février 1902 , mais à celle de Jacquemin d'Arc, frère aîné de Jeanne. Un second lien unit également les Melcion d'Arc; il a pour origine Claude du Lys, dont M. Boucher de Mélandon fait un descendant direct en ligne masculine de Jean d'Arc, le cadet de Jacquemin.
Avec le concours d'un instituteur de la Meuse (Macquart) nous avons fait pendant de longues années , au pays lorrain, sur l'origine des Melcion, de consciencieuses et patientes recherches qui ont été finalement couronnées de succès.: Tous les documents ,états civils et papiers de famille que nous avons recueillis, justifie un lien de parenté dont ils peuvent, à bon droit se réclamer.

(1) La Famille de Jeanne d'Arc, par Boucher de Molandon (Orléans 1878)
(2) Charles du Lys, 1612, Traité sommaire tant du nom et des armes que de la naissance et de la parenté de la Pucelle d'Orléans.
Il existe bien des lacunes, dès obscurités et des erreurs, dans l'ouvrage de Charles du Lys.
Sa généalogie a été établie d'après des documents authentiques, mais la tradition de la famille parfois insuffisamment vérifiée y entrais également pour une bonne part.
Nous savons qu'il fit appel aux souvenirs généalogiques de Jean Horda et de l'écuyer Claude du Lys , en résidence à Vaucouleurs. Les deux parents collatéraux de Jeanne étaient avec Charles du Lys, de tous les membres de la famille, les mieux instruits de ses origines; or, ils déclare loyalement que, par suite de la négligence de leurs ancêtres, ils ont le regret de ne posséder par écrit aucun document de l'entre-suite de leur naissance, mais seulement la tradition qui leur a été transmise.
Heureusement les procès-verbaux d'un certain nombre d'informations officielles relatives à la famille d'Arc leur ont fourni de précieux renseignements qui suppléent souvent à l'absence d'actes réguliers de l'état civil aux XV et XVI siècles.
S'il était réellement démontré un jour que Pierre du Lys, frère de Jeanne n'a eu qu'un fils, Jean du Lys, mort sans postérité et n'a pas contracté un autre mariage dont il aurait eu des enfants, ce serait à la descendance de Jean d'Arc du Lys ou même à celle d'un fils inconnu de Jacquemin d'Arc qui se rattacherait à la généalogie des familles considérés jusqu'alors comme issues de Pierre du Lys.

Comment expliquer que les généalogistes les mieux informés sur la famille de Jeanne d'Arc n'aient jamais signalé la famille Melcion d'Arc ?
Un travail très important (I), quoique incomplet, a été fait en 1878 par les soins de MM. de Bouteiller et de Braux sur les descendants de la famille de Jeanne d'Arc; c'est avec étonnement que nous n'y avons pas vu figurer le nom de Melcion d'Arc.
Nous ne connaissons que trois publications qui aient signalé jusqu'à présent la parenté de cette famille avant les journaux de février 1902 :

1° Petits-Neveux de Jeanne d'Arc au comté Nantais. Documents inédits, XVIe siècle. Saint-Amand, 1889, par M. S. de la Nicollière-Teijeiro, archiviste de la Loire-Inférieure;
2° Le Livre d'or de Jeanne d'Arc, par Lanéry d'Arc, bibliographie raisonnée et analytique des ouvrages relatifs à Jeanne d'Arc. Paris, Techener, 1894 (propos de la précédente brochure).
3° Chronique Jeanne d'Arc et Revue Fénelon (1er juin 1895).

À la suite d'un article paru dans le numéro du 16 mai 1895, ou il était dit que le nom d'Arc était le privilège de la branche à laquelle appartenait M. Ernest Renaudeau d'Arc, nous avons, par une lettre insérée dans le numéro suivant, rectifié ce qu'il y avait d'inexact dans cette information. Nous avons démontré que la famille Melcion d'Arc, qui se rattachait également à la famille de la Pucelle, portait le nom d'Arc bien avant la famille à laquelle était attribué le privilège exclusif de ce nom.

DU NOM D'ARC ET DE SON ANCIENNETÉ DANS LA FAMILLE MELCI0N

Si nous avons dit notre surprise de ne pas rencontrer le nom de la famille Melcion d'Arc dans l'ouvrage de MM. de Bouteiller et de Braux, nous n'avons pas été moins étonnés de voir que M. Vallet de Viriville n'avait pas fait figurer le nom de cette famille dans l'étude très savante et très spéciale qu'il publia sur le nom "d'Arc" en 1854 et qui a pour titre: Nouvelles recherches sur la famille et sur le nom de Jeanne d'Arc, dite la Pucelle d'Orléans, accompagnées de tableaux généalogiques et de documents inédits. Paris, Dumoulin, 1854.
M. Vallet de Viriville, qui avait recherche dans les archives l'origine du nom d'Arc ou Darc, citait tous les noms patronymiques qui, depuis l'année 1375 jusqu'à l'époque de sa publication en 1854, avaient selon lui avec ce nom un rapport plus ou moins éloigné. Il eut été bien facile à cet érudit de connaître l'existence de la famille Melcion d'Arc et de compléter son étude en citant un nom qui rentrait si précisément dans le cadre de son travail. Il lui eût suffi de consulter l'Annuaire militaire de l'époque.(1) L'armée comptait alors dans ses rangs plusieurs membres distingués de cette famille: MM. Alexandre-Casimir Melcion d'Arc, intendant militaire de réserve en 1853; son fils aîné, Alexandre-Casimir Melcion d'Arc, officier d'administration de 1ere classe, en retraite; son jeune fils, Ferdinand, alors chef de bataillon au 19e régiment d'infanterie légère, et son neveu, Charles Melcion d'Arc, chirurgien-major.
Cette famille était alors la seule connue sous le nom d'Arc; aussi est-il assez singulier que la trace de ce nom patronymique, qui faisait l'objet des préoccupations historiques de M. Vallet de Viriville, ait échappé à ses investigations.
Passant en revue les familles du département de l' Aube qui portaient les noms de Dare, Darc ou Dart aux XVe et XVIe siècles, sans vouloir prouver du reste que les Darc ou d'Arc de Troyes et les Darc ou d'Arc de Ceffonds et Domrémy aient eu quelques rapports de consanguinité, il arrive au XVIIIe siècle et cite le document suivant:

"1713 - Contrat passé entre l'abbesse de Notre-Dame-aux-Nonnains de Troyes, d'une part, et Pierre Darre, seigneur de Galilée et de Vaudes, soussignés, le dix-huit janvier. Signé P. Dare de Vausdes et d'Arrest abbesse. La même pièce le nomme Dare au dos, et Darc au dos et au titre de l'acte (Archives de l'Aube, liasse 401, carton 268)."

Il donne encore cet extrait du Moniteur universel, journal officiel de l'Empire français, 12 juin 1853, page 648). Le sieur N. , né à Orléans (Doubs) le 8 août 1810 C1), est dans l'intention des pourvoir par devant M, le Garde des Sceaux ; l'effet d'obtenir l'autorisation d'ajouter à son nom celui de Dare.) Il fait cette dernière citation pour prouver, dit-il, que le nom d'Arc ou Darc subsistait encore à l'époque où il publiait son étude. Bien que nous nous l'expliquions difficilement, il n'est pas douteux que Vallet de Viriville ignorait tout à fait l'existence des Melcion d'Arc, sinon il n'aurait pas manque d'en parler.
Quant à la famille Renaudeau d'Arc (2), qui descend de Pierre d'Arc du Lys, elle ne pouvait pas se trouver citée dans cette chronologie de 1853, puisqu'à cette date, M. Renaudeau n'avait pas encore ajouté le nom d'Arc à son nom patronymique.
D'après l'extrait du Hérault d'armes, revue illustrée de la noblesse, tome 1 (1861-1863), page 89, le décret qui autorisa M. Renaudeau, à faire revivre le nom d'Arc dans
sa famille est du 24 avril 1861.
Or, à cette date, le nom d'Arc était déjà depuis long-temps le nom patronymique des Melcion. Cette famille est originaire de Domrémy, Greux, Maxey-sur-Meuse et Chermisey, tous villages qui se touchent. C'est Demenge Melcion du Chesnois, à Chermisey , qui, né vers 1635, épouse une descendante de Claude du Lys, petit-fils de Jacquemin d'Arc, frère aîné de la Pucelle.
En contractant cette alliance, il acquit le droit, selon la tradition constante de la famille de Jeanne, de prendre les noms d'Arc ou du Lys et de les transmettre à ses enfants.
Suivant le texte de la charte d'anoblissement datée du mois de décembre 1429 (3), les femmes issues de la famille d'Arc anoblissaient leur mari roturier en se mariant. Le privilège a été confirmé puis aboli sous Louis XIII, mais rétabli de nouveau dans la suite par des arrêts du Conseil d'État, chaque fois que les descendants des frères de Jeanne d'Arc par les femmes le sollicitèrent.
Au surplus, il serait malaisé de contester ce privilège après la lecture du Traité de la noblesse de Jeanne et sa famille, de G. de la Roque, publie partiellement de 1673 à 1681, puis dans une édition complète en 1734. Le grand jurisconsulte Pasquier avait déjà, un siècle auparavant, mis en lumière le glorieux privilège accordé par Charles VII à la famille de la Pucelle: le pouvoir de transmettre la noblesse par les femmes, à leurs maris et à leurs descendants.

"Jamais service fait à la France ne vient au parangon de celui de la Pucelle.
Aussi, jamais lettres d'anoblissement ne furent de tel poids et mesure que celles-cy" (Pasquier, Recherches de la France, livre VI, chapitre V, in fine).

(1) Il s'agit de M, Mercier (Louis-Félix-Alexis), officier, qui a été autorisé par décret du 29 octobre 1853 ajouter son nom celui de d'Arc,
(2) Le 24 novembre 1827, Charles X rendit une ordonnance en faveur de Mme. Adélaïde de Launay, épouse d'Henry Gaultier, qui avait fait exposer sa descendance eu ligue directe et féminine de l'un des frères de Jeanne d'Arc, la reconnaissant, en vertu des prérogatives accordées par lettres patentes données en 1429 par le roi Charles VII et celles confirmatives accordées par le roi Henri II et Louis XIII au 1550 et 1612, comme descendante de la famille de Jeanne d'Arc par la ligne féminine... noble. eu jugement que hors jugement, ensemble ses el1fallts, postérité et descendance à naître en lig11e masculine et féminine et légitime mariage.( La Famille de Jeanne d'Arc, par E. de Bouteiller et G. de Braux - page 243)
(3) La copie authentique a été retrouvée en 1853, à la Direction générale des Archives, à Paris, K, carton 63, pièce n°9

Au commencement du XVIe siècle, Moricet Thierret, de Maxey-sous-Void, épouse à Domrémy, Didon Day ou Daly, petite-fille de Jean d'Arc Du Lys, et devient de ce
fait Thierret Daly, d'après l'enquête de 1551.
N'en est-il pas de même pour beaucoup de familles et notamment pour les Haldat qui ont joint souvent le nom "du Lys" à leur nom dans les actes publics et dont les descendants sont connus sous les noms Haldat ou Haldat du Lys.
En 1820 et 1850, M. C-N.-Al. de Haldat publie deux ouvrages relatifs à Jeanne d'Arc et les signe : de Haldat.
Dans l'Examen critique de l'histoire de Jeanne d'Arc cependant il n'en est pas moins vrai que du Lys est le nom patronymique transmis par tradition dans la famille
Haldat, comme d'Arc l'a été dans la famille Melcion.
Nous ne saurions dire d'une manière absolument certaine pourquoi cette famille a perpétué le nom originaire d'Arc: à l'encontre des autres branches de la famille qui ont transmis le nom de du Lys à leurs descendants; on sait que les deux noms d'Arc et du Lys appartenaient à la famille de Jeanne depuis les lettres d'anoblissement délivrées par Charles VII.
Les Melcion ont porté le nom d'Arc et non celui de du Lys, sans doute par ce que, restés dans la région qui avait été le berceau de Jeanne, au pays Même de Jacques d'Arc, son père, ils ne connaissaient probablement en réalité que le nom d'Arc qui, à travers les siècles, avait survécu à celui de du Pays.
Il n'est donc pas surprenant qu'ils aient repris et transmis, pour cette raison, à leurs descendants, ce nom d'Arc, en fait plus historique, à l'exclusion du nom de du Lys, qui, dans les villes et dans l'Orléanais, était transmis de préférence par les autres branches de la famille de Jeanne.
Au sur plus, l'orthographe des noms d'Arc et du Lys, dans le pays d'origine et ailleurs, a subi de telles altérations que, parfois, les deux noms paraissent se confondre en un seul et avoir la même origine. D'Arc et du Lys ont été écrits: Day, Daix, Daly, Dallie, Daillie, Dallys, d'Aliz, Dally, Darllis, Dulix, Dalys. d'Ailly, d'Ay, d'Arc, Darc, d'Art, d'Arcq, d'Ars et Dare.
Quoi qu'il en soit, le nom patronymique d'Arc a été fidèlement transmis par les Melcion de génération en génération, à1 l'exclusion du nom de du Lys.
Huit vieillards de Greux (près de Domrémy) et d'Happoncourt, tous décédés aujourd'hui, déposent devant Me Marchal, notaire à Neufchâteau, le 6 novembre 1890, " qu'il est à leur connaissance comme étant de notoriété publique, et pour l'avoir entendu dire et répété à maintes reprises par leurs aïeux, que la famille originaire de M. Gabriel Melcion, de Greux, portait le nom patronymique de Melcion d'Arc et que cette famille devait appartenir à la famille de Jeanne d'Arc. "
Suivons, d'autre part, vers la seconde partie du XVIIIe siècle, Élophe Melcion d'Arc, né en 1741, frère aîné de Gabriel, de Greux, qui quitte Chermisey pour venir à1 Paris où il se marie le 25 septembre 1770, à l'église Saint-Gervais.
Il est rentier, bourgeois de Paris, disent les actes civils, il a d'abord trois filles, dont deux meurent en bas âge, puis il a deux fils.
Il confie à ceux-ci la pieuse tradition du nom et de la parenté qu'il tient de ses ancêtres lorrains - des tient de famille en témoignent - tandis qu'à Greux, son frère Gabriel transmet cette même tradition à ses descendants.
Les états civils sont là pour le prouver et viennent confirmer les déclarations de l'acte de notoriété de Neufchâteau, cité plus haut.
À propos du nom d'Arc, nous avons déjà parlé d'Alexandre casimir" Elophe Melcion d'Arc, second fils d'Elophe. Incorporé au 3e régiment de ligne en 18c05,
lest bientôt attaché à l'état-major du maréchal de
Kellermann, duc de Valmy, après avoir été son secrétaire.
Adjoint commissaire des guerres en 1809, il se marie à Mayence, revient à Paris et a six enfants, quatre filles et deux fils. Le maréchal Kellermann est parrain de sa fille aînée, Charlotte-Francine Melcion d'Arc, le 8 mars 1810. Remarqué par l'Empereur, Napoléon l'appelle à diverses reprises près de lui et entre autres travaux, le charge de lui proposer la réorganisation de l'armée pendant l'armistice de Dresde. Sa carrière se continue de la façon la plus brillante, il devient chef de cabinet du maréchal Gouvion Saint-Cyr en r817 et plus tard, en 1835, à la prise de Constantine, il est intendant militaire et chef du corps d'occupation d'Afrique.
Il meurt en retraite aux environs de Tours. Le 2 septembre 1854, victime de son dévouement, en voulant sauver son domestique qui se noyait.
La ville de Tours pleure unanimement sa perte et lui fait des obsèques splendides, Au lendemain de sa mort, jeudi 7 septembre 1854, Le Moniteur Universel publie sa biographie.
Ses fils et ses gendres, l'intendant militaire Rothé et le général Cuny, de même que plusieurs de ses petits-enfants, ont fourni dans l'armée les plus brillants états de services.
Certains membres de la famille ont pu négliger quelque fois d'ajouter le nom d' Arc celui de Melcion sur leur état civil; nous l'avons déjà dit, il ne s'ensuit pas pour cela que "d'Arc" n'était pas leur nom patronymique, comme celui des Haldat était "du Lys".
Laurent-Marie Melcion d'Arc, quoique l'aîné de la famille, signait le plus souvent tout simplement Melcion. Ce n'était pas alors par indifférence, car il avait le culte passionné de Jeanne, mais sans doute parce qu'il était dans l'industrie, orfèvre au Palais-Royal.
Des pièces officielles, civiles et militaires, témoignent d'autre part que son fils Charles-Élophe, né en 1805. portait le nom d'Arc comme tous les autres membres de la branche cadette de la famille.

TRADITION DE LA PARENTÉ DES MELCION AVEC LA FAMILLE DE l'HÉROÏNE

Avec le nom patronymique d'Arc, les Melcion ont transmis à leur postérité cette tradition qu'ils se rattachaient à la famille de la Pucelle.
Cette parenté se serait alors produite par l'alliance d'un de leurs aïeux avec une petite nièce de Jeanne.
Il n'est pas douteux, nous l'avons dit, que cette tradition a été conservée non seulement non seulement au pays lorrain par les descendants de Gabriel Melcion, de Greux, restés dans la région originaire de la famille, mais aussi par les enfants et petits-enfants d'Élophe, qui avait quitté le pays natal avant 1770 pour venir à Paris,
Pendant près de trois quarts de siècle, les deux branches de la famille se sont complètement perdues de vue; chacune de leur côté, elles ont cependant retenu et transmis précieusement cette tradition de parenté.
Nous possédons de nombreuses lettres que nous ont écrites, il y a une quinzaine d'années, plusieurs descendants de Gabriel Melcion d'Arc, retrouvées par nous à Neufchâteau et dans les environs.
Toutes ces lettres relatent les mêmes souvenirs de famille que ceux qui ont été conservés par les descendants d'Élophe à Paris.
C'est toujours la même tradition pieusement transmise d'un côté comme de l'autre.
En effet, le colonel Ferdinand Melcion d'Arc fis de l'intendant militaire, nous écrivait le 19 juillet 1890, peu de temps avant sa mort, une lettre qui confirme en termes formels la tradition de l'illustre parente qu'il tenait de son père Alexandre-Casimir-Élophe Melcion d'Arc. Nous venions de lui faire part de notre projet d'établir la généalogie de la famille. ajoutait dans cette lettre que son père avait fait plusieurs fois le voyage au pays de Jeanne de 1815 à I8I8 pour empêcher, avec M. Husson, son cousin germain, conseiller général de Neufchâteau la vente à des étrangers de la maison de Domrémy où était née Jeanne. On sait, en effet, que le Conseil général fit l'acquisition de la maison et qu'après l'avoir classée parmi les monuments historiques, le gouvernement profita de l'occasion pour faire élever un monument en l'honneur de l'illustre paysanne. Il y eut une grande fête le jour de l'inauguration le 10 septembre 1820.
Une petite-fille de M. Husson. lequel était à l'époque conseiller général à Neufchâteau, nous a raconté que c'était sa grand-tante, Mme Claire d'Arbois, née Melcion d'Arc, qui quêtait ce jour-là dans l'église de Domrémy, en raison de sa parenté avec la famille de Jeanne.
Or, MM. de Haldat et Jollois qui ont, en 1820, raconté tout au long de l'histoire de l'acquisition de la maison et la fête magnifique de l'inauguration du monument, ont bien cité la plupart des notabilités locales qui y assistaient, ils ne mentionnent aucun des membres de la famille Melcion.
Ils signalent le nom de M. Husson, dont la femme était née Melcion d'Arc, mais c'est son titre de conseiller général de Neufchâteau qui, certainement, dans la circonstance, lui vaut à leurs yeux cet honneur.
Nous n'avons pas l'intention de donner plus d'importance qu'il ne convient à ces souvenirs de famille; ce sont pourtant ces mille riens qui constituent la tradition, et, il faut le reconnaître, ceux-ci ne sont pas sans valeur , ils ont leur signification.
Quand MM, de Bouteiller et de Braux commencèrent leur important ouvrage sur la famille de Jeanne d'Arc, publié en 1878, nous savons qu'ils songèrent tout d'abord
à la famille Melcion d'Arc, dont le nom leur était bien connu, mais ils n'obtinrent, il faut croire, aucun renseignement précis, C'est pourquoi ils s'abstinrent apparemment d'en parler. Les auteurs, dans la préface de leur livre, eurent du reste le soin de faire la déclaration suivante: "qu'il n'entrait aucunement dans leur pensée de prétendre exclure d'une glorieuse parenté toute famille qui ne figurait pas dans leurs listes. Nous admettons même comme chose certaine, ajoutaient-ils, qu'il doit en exister d'autres, restées ignorées de nous, mais ayant droit, néanmoins, à prendre place auprès de celles que nous avons citées".
Plus tard, une de nos parentes communiqua à M. le baron de Braux les premiers documents généalogiques recueillis par nous et, par la même occasion, l'acte de notoriété de Neufchâteau dont nous avons parlé plus haut.
Peu après cette communication, le 23 juillet 1894, M. de Braux, qui se rattache lui-même à la postérité de Jean d'Arc du Lys, écrivait que les recherches devaient
être continuées dans les villages de la région où la famille de Jean d'Arc en particulier avait essaimé; il ajoutait qu'il serait heureux de pouvoir confirmer "Une tradition
qu'il croyait absolument légitime", M. de Braux ne s'était pas trompé. La famille Melcion, ainsi que nous l'avions toujours pensé nous-même, devait en effet être rattachée à la
branche issue à la fois de Jacquemin d'Arc et de Jean d'Arc, par l'alliance de l'un de ses ancêtres avec une descendante de Claude du Lys, procureur fiscal de Greux et
Domrémy, qui avait eu huit filles mariées dans le pays même et dont la postérité avait été ignoré.
Ces prévisions étaient justes, car les ancêtres d'Élophe Melcion d'Arc avaient toujours passé pour être de la famille de Jeanne d'Arc, et, avant 177O, ils n'avaient
jamais cessé d'habiter les mêmes villages que les descendants de Claude du Lys, c'est-à-dire Greux, Domrémy et Maxey-sur-Meuse, (Maxey-sur-Meuse est appelé également Maxey-sous-Brixey) où ils avaient sans aucun doute contracté de tout temps leurs alliances. L'avenir devait confirmer le bien fondé de ces prévisions.
Les archives de Maxey-sur-Meuse, difficiles à démêler, finirent par nous dévoiler le lien qui nous manquait. Nous découvrîmes un jour que Demenge Melcion avait épousé Élophe, fille de Maurice Poirot et de Jeanne de Brixey, dont le frère était François de Brixey et le père, Bastien, sieur de Brixey. Cette découverte fut décisive, car nous savons que Jean de Brixey avait épouse jadis une des filles de Claude du Lys.

En effet, les enquêtes de 1551 et de 1555 (1), publiées en 1879 par E. de Bouteiller et G. de Braux - Nouvelles recherches sur la famille de Jeanne d'Arc, enquêtes, généalogie, pages 30 et 55 - nous révèlent que Sibille du Lys, une des huit filles de Claude du Lys, fils de Jean d'Arc et par sa mère petit-fils de Jacquemin, avait épousé en 1498 Jean de Brixey, demeurant à Domrémy.

À la Bibliothèque Nationale, nous trouvons ensuite un contrat de vente, daté de 1536, qui nous fait connaître le nom de son fils. Celui-ci s'appelle Jean de Brixey comme son père. Il est écuyer, seigneur de Saint-Élophe en partie et habite aussi Domrémy.

L'absence d'archives à Maxey-sous-Brixey, au-delà de 1579, avec une lacune de 1621 à 1643 (2), nous empêcha tout d'abord de suivre la généalogie de ce Jean de Brixey, mais de nouvelles recherches faites dans les archives départementales de Nancy nous ont permis enfin de retrouver sa trace et d'établir la filiation complété par François et Frédéric de Brixey, tous deux successivement seigneurs de Gibeaumeix et Jubainville en partie. (3)

Jean de Brixey, de Domrémy, qui a épouse, en 1498, Sibille du Lys, fille de Claude du Lys, procureur fiscal de Greux et de Domrémy, fils de Jean d'Arc du Lys, est donc, à n'en pas douter, l'aïeul de Bastien de Brixey qui habite
Maxey, près de Domrémy, et dont la fille Jeanne, née également à Maxey et sœur de François Bastien de Brixey, a marié sa fille Élophe à Demenge Melcion du Chesnois, père de Jean Melcion, procureur fiscal de Chermisey (4).

(1) Il est intéressant de noter que Sibille du Lys, fille de Claude du Lys,
a épousé Jean de Brixey en 1498 et que son cousin germain Didier du Lys,
écuyer, s'est marié vers la même époque avec Nicole de Brixey, fille
d'Antoine de Brixey, seigneur en partie de Domrémy, Maxey-sous-Brixey,
Jubainville, etc.
Il est permis de supposer que Jean de Brixey et Nicole de Brixey étaient
frère et sœur, Le mémoire extrait des papiers de Charles du Lys, qui nous
"apprend cette alliance de Didier du Lys avec Nicole de Brixey, ne fait pas
mention de Jean de Brixey, mais Charles du Lys a complètement ignoré la
descendance de Claude du Lys.
D'autre part :
François de Brixey, témoin dans les deux enquêtes de 1551 et 1555 ne
dit rien de Nicole de Brixey q quand il parle du mariage contracté par Sibille
du Lys avec son père Jean de Brixey, il est vrai qu'à cette époque la femme
de Didier du Lys était déjà morte.

(2) La peste fit de grands ravages eu Lorraine à cette époque, principale-
ment dans les deux aunées 1630 et 1636, Des villages entiers furent presque
totalement décimés par le terrible fléau.

(3) L'auteur d'une étude sur l'origine de la maison de Chambley, issue
de Brixey, M. Lemercier de Morière, page 337, aunée 1882 des "Mémoires
de la société d'archéologie lorraine, donne l'arbre généalogique de la vieille
famille des de Brixey, il cite dans le cours de son étude les de Brixey,
seigneurs de Gibeaumeix et de Jubainville, au XVIe siècle, mais il dit ne
pas savoir si l'on peut rattacher ces de Brixey et quelques autres du XIVe et
du XVe siècle à l'antique race chevaleresque, dont la généalogie cornue
s'arrête à la fin du XIIIe siècle

(4) Chermisey est situé près de Domrémy, Greux, Domrémy et Maxey-
sous-Brixey sont trois villages qui se touchent Jubainville, Brixey, Ruppes
et Saint-Élophe en sont également très rapprochés.

Jean d'Arc du Lys, second fils de Jacques d'Arc, ayant épousé Jeanne Du Lys, sa nièce, fille de Jacquemin d'Arc, frère aîné de la famille, il s'ensuit que les descendants de Jean d'Arc du Lys sont issus en réalité des deux frères aînés de la Pucelle,

Nous avons dit que Jacquemin d'Arc avait bien pu avoir un fils resté inconnu.

Rien ne s'oppose en effet à l'existence de ce frère de Jeanne du Lys. M. C. Chévelle, ancien maire de Vaucouleurs très documenté sur la famille d'Arc, nous a signalé à ce sujet un curieux opuscule publié il y a deux ans Henri Labourasse, inspecteur général de l'enseignement du département de la Meuse. (V. Au Dieu Hasard! Troyes, imprimerie Gustave Frémont).

Nous avons trouvé dans ces pages l'information suivante, qui est à la fois relative à Jacquemin d'Arc du Lys, frère aîné de la Libératrice, et a Jacques le Melcion, de Ruppes, ancêtre des Melcion,

D'après un manuscrit du XVIIe siècle dont H. Labourasse donne, en substance, la teneur, "Jacquemin du Lys eut de Catherine Corviset, qu'il épousa à Vaudeville, non seulement une fille, nommée Jeanne du Lys, mais un fils, Pierret du Lys qui, après la mort de son père et jeune encore fut conduit chez ses grands parents maternels. Agé de vingt-quatre ans, il revint à Vouthon le Haut, son pays natal, sur le petit domaine qu'il tenait de son père, et en 1463, prit pour femme en ce pays, Anne Louret."

De cette union seraient nés plusieurs enfants dont une fille, Didon, continua la postérité.

Malheureusement il ne nous a pas été possible de contrôler la valeur du précieux document sur lequel s'appuie l'auteur pour affirmer l'existence de ce Pierret du Lys,

En note (page 5), H. Labourasse ajoute que "Catherine Corviset, à la mort de son époux, convola en secondes noces avec Jacques le Melcion, de Ruppes," et que les Melcion d'Arc se rattacheraient, selon lui, non à Pierre, frère de la Pucelle, mais à Pierret du Lys.

Nous avons suffisamment démontré que les Melcion ne descendaient ni de l'un ni de l'autre et qu'ils appartenaient à la postérité de Jacquemin d'Arc, par Jean de Brixey.

Toutefois il est intéressant de remarquer que du fait de ses deux mariages, Catherine Corviset fut l'aïeule des deux familles qui ont fait l'objet de cette étude: d'une part, la branche de la famille d'Arc, issue de Jeanne du Lys, fille de Jacquemin d'Arc, et d'autre part, les Melcion.

Vers 1670, Demenge Melcion sieur du Chesnois, épousa par conséquent sa petite-cousine, en la personne d'Élophe, fille de Maurice Poirot et de Jeanne de Brixey, descendante de Jeanne du Lys.

Quoi qu'il en soit, étant donné que les Melcion n'ont jamais quitté leur pays d'origine, Ruppes, Dommage, Maxey et les environs que Claude du Lys, avec ses huit filles, a dû laisser dans le pays même une nombreuse postérité, nous n'aurions pas été autrement surpris si, pouvant rechercher l'origine de toutes les alliances contractées par les Melcion, nous avions retrouve un autre lien de parenté que celui des de Brixey, entre les Melcion et la famille de Jeanne d'Arc.

TABLEAU GÉNÉALOGIQUE DE LA FAMILLE MELCION D'ARC

AVEC NOTES ET NOMENCLATURE DES PREUVES À L' APPUI

Les parents de Jeanne d'Arc habitaient Domrémy (1), la chose est sans conteste. Jacques d'Arc serait né en 1380, à Cefonds près Montier-en-Der, d'après Charles
du Lys, mais on n'a que de vagues notions sur la véritable origine des ascendants paternels de la Pucelle. Les archives recueillies dans des vieilles abbayes de Champagne et de Lorraine n'en mentionnent pas de trace certaine.
M. Léon Dorez, savant archiviste, sous-bibliothécaire à la Bibliothèque Nationale (département des manuscrits), a fait, en 1903 (2), des découvertes intéressantes sur l'origine probable de cette famille, au cours d'un voyage d'études à travers le duché du Luxembourg. Il a trouvé aux archives grand' ducales, qui sont fort belles, une grande' partie des manuscrits pillés jadis dans les abbayes de Lorraine.

Cinq documents du XIVe siècle attirèrent particulièrement son attention. Ces documents sont des actes de vente, datés de 1315, 1316, 1332, 1345 et 1346. Ils contiennent les noms de onze personnages portant le nom d'Arc. Toutes les terres vendues par eux à divers acheteurs sont situés au banc d'Arc. Or, toutes les localités désignées comme résidence des acheteurs, entourent précisément les terres d'Arc, et ce "banc d'Arc" dont il est question n'est autre que l'Art-sur-Meurthe que nous connaissons en Lorraine (Meurthe-et-Moselle). Art, selon la graphie moderne, signifie Arc et est désigné, dans les Archives médiévales, sous les noms d'Arcas, Archus, Arch, Arc. Selon Charles du Lys, la famille tirait son nom d' Arc-en-Barrois; plus tard, Siméon Luce reproduisit les mêmes assertions en opposant, toutefois, Arc-sur-Tille (Côte-d'Or). Postérieurement, Quicherat et H. Wallon opinèrent pour Art-sur-Meurthe (Meurthe-et-Moselle .Les documents découverts par M. Léon Dorez ne fournissent pas la preuve, au sens strict du mot, de l'origine lorraine de la famille de Jean ne d'Arc; mais il constitueraient, en faveur de cette thèse, un présomption qui mérite d'être prise au sérieux.

I. - Jacques D'Arc, né à Cefonds (?) en 1380 (?), mort en 1431 (?), épouse Isabelle Romée, de Vouthon,
Née en 1387(?), morte le 28 ou le 29 novembre 1458,
D'où:
A. - Jacquemin ou Jacques d'Arc du Lys qui suit:
(II-A).
B. - Catherine d'Arc, épouse Colin, maire de Greux,
C. - Jehan d'Arc du Lys, qui suit: (II-B),
D. - Jehanne, la Pucelle d'Orléans, née à Domrémy le 6 janvier 1412, brûlée à Rouen le 30 mai 1431.
E. - Pierre d'Arc, le chevalier du Lys.

(1) À la suite de toutes les querelles soulevées par la question de la nationalité de Jeanne, il semble que la maison où est née la Pucelle se trouvait dans la partie française du village de Domrémy. Ou sait que, d'autre part, le village de Vouthon-le-Bas, lien de naissance de sa mère, Isabelle Romée, était directement soumis à l'autorité royale,
(2)Revue des bibliothèques. Paris, librairie Émile Bouillon, éditeur, 13e année, nos. 7-8 juillet août 1903, pages 235-245.

Lettres d'anoblissement données par Charles Vll au profit de toute la famille et de tous ses descendants, tant en ligne masculine que féminine, en considération des grands services rendus, à la France par Jeanne d'Arc, dite la Pucelle d'Orléans (décembre 1429). (registre 260, pièce 306 du Trésor des chartes aux Archives Nationales). Quicherat, tome V, page I50. Ce privilège exceptionnel d'anoblissement par la descendance féminine dans la famille de Jeanne d'Arc dura près de deux siècles, jusqu'en juin 1614.

Il fut de nouveau concédé par autorisation spéciale chaque fois qu'il fut sollicité et notamment:

1° En faveur de M. Claude-François de Gratas, sieur du Lys, le 19 mai 1670; (La famille de Jeanne d'Arc par E- de Bouteiller et G. de Braux, page 222.)
2° En faveur de M. Christophe-Louis Le Liepvre du Lys, avocat au Parlement, le 23 octobre 1674; (V. le même ouvrage, page 229-)
3° faveur de Joseph Le Picart Dulis, et de dame Nicolle le Picart Dulis, le 28 novembre 1699; (V, le même ouvrage, page 199)
4° En faveur de la famille Marchand de Milly du Lys, le 17 mai 1765; (V.le même ouvrage, page 161.)
5° En faveur des enfants de François-Alexandre et de Françoise Claire Haldat du Lys, le 2 janvier 1766; (V, le même ouvrage, page 248.)
6° En faveur de Mme. Henri Gaultier, le 24 novembre 1827. (V. le même ouvrage, page 243.)

Plusieurs descendants furent également autorisés par la suite, pour les mêmes raisons, d'ajouter à leur nom patronymique le nom d'Arc, (V. le même ouvrage, page 178.)

II-A. - Jacquemin ou Jacques d'Arc du Lys, demeurant à Vouthon en 1425, mentionné en 1429 dans les lettres d'anoblissement citées plus haut, mort avant 1452, épouse Catherine Corviset (?) à Vaudeville, d'où :

  • Jeanne du Lys qui suit :

Lettres d'anoblissement citées au degré I.
Registres de la prévôté de Vaucouleurs en 1425 (Archives de la Meuse, B 1431, f° 78) cités par Siméon Luce (Jeanne d'Arc à Vaucouleurs- Preuves, p. 143.)
Voir les preuves des degrés II-B et III-B

III-A, - Jeanne du Lys, mariée à Jean (?) du Lys
(II-B), d'où:

  • Claude du Lys qui suit: (III-B).

Voir les preuves des degrés II-B et III-B

II-B. - Jean d'Arc du Lys, écuyer, capitaine de Chartres, prévôt de Vaucouleurs, mort après 1470,
épouse Jeanne du Lys, fille de Jacquemin d'Arc du Lys, d'où
A. - Claude du Lys, qui suit: (III-B).
B. - Étienne ou Thévenin du Lys.
C. - Marguerite du Lys.

"Jean d'Arc, qui accompagna Jeanne à Chinon, à Blois, puis à Orléans et dans ses glorieuses campagnes, tient, lui aussi, dans l'histoire un rang honorable auprès de sa noble sœur." (Quicherat, tome II, page 423.) Nommé bailly de Vermandois et capitaine de Chartres, il en exerça peu les fonctions, mais prévôt de Vaucouleurs vers 1454, il occupa cette charge jusqu'en 1468.

C'est en cette qualité qu'il prit part en 1456 aux enquêtes faites dans le pays pour la réhabilitation de Jeanne. IL suivit personnellement le procès à Paris et à Rouen, avec Guillaume Prévosteau fondé de pouvoirs de sa mère Isabelle. ( Quicherat, tome III, page 255-362.)

Il vivait en 1470, au dire d'un des témoins de l'enquête de 1476. D'après les enquêtes de 1502 et 1551, publiées par MM. de Bouteiller et de Braux, il résulte que Jean d'Arc du Lys avait épousé sa nièce, Jeanne du Lys, fille de Jacquemin d'Arc.
Boucher de Molandon dit "qu'il serait difficile de préciser actuellement, malgré le témoignage de Charles du Lys, si Claude du Lys était fils ou petit-fils de Jean, frère de la Pucelle; son âge de cinquante-deux ans, en 1502, pouvant s'accorder avec l'une
ou l'autre hypothèse." Boucher de Molandon croit plus vraisemblable que Jean d'Arc du Lys eu un fils, N.., du Lys, qui se serait marié vers 1450 avec sa cousine germaine Jeanne, fille de Jacquemin d'Arc, et en aurait eu un fils, Claude du Lys.

  • Il ajoute que Jean du Lys échevin d'Arras, a pu être un frère de Claude du Lys (?) (La famille de Jeanne d'Arc, son séjour dans l'Orléanais, par Boucher de Molandon, page 80 et, in fine, le deuxième tableau généalogique.)

III-B. - Claude du Lys, procureur fiscal de Greux et Domrémy, né vers 1452, mort vers 1525, épouse Nicole Thiesselin, de Trécy, d'où huit files, dont Sibille du Lys, qui suit: (IV)

L'acte de notoriété du 16 août 1502, trouvé par M. Boucher de Molandon aux Archives Nationales, R4 20287, p. 42, nous apprend que noble homme Claude du Lys semble avoir, à la fin du XVe siècle, un rang considérable dans la famille. Il dit lui-même, comme premier témoin de l'enquête, qu'il était né vers 1452, que sa mère (nommée Jeanne dans l'enquête du 13 avril 1551) était fille de Jacquemin, frère aîné de la Pucelle.

On lit en effet dans cet acte de notoriété: "Noble homme Claude du Lys, demeurant audit Domrémy-sur-Meuse, âgé d'environ cinquante ans, a dit, affirmé et attesté, sous sa loyauté et conscience, que en son jeune âge, peut avoir environ vingt-quatre ans, il demeura avec le dit Pierre du Lis, oncle de sa mère, fille de Jacquemin du Lys, grand père dudit attestant, au lieu de Luminart, près Orléans, environ le temps et espace de cinq ans."
(V. La Famille de femme d'Arc, son séjour dans l Orléanais, par Boucher de Molandon, Orléans, 1878, page 63,)

L'affirmation est nette et précise en ce qui concerne le lien direct qui unissait le déposant à Jacquemin. Claude du Lys habitait la maison paternelle où Jeanne d'Arc avait vu le jour, et, en 1481, il l'a décora de ses armes associées à celles de Nicole Thiesselin, sa femme.

IV. - Billon ou Sibille du Lys, épouse en 1498 Jean de Brixey, né en 1470, mort à Domrémy en 1530.

1° Dans l'enquête de 1551, "Honorable homme Didier Waultrin, marchand, demeurant à Vaucouleurs, âgé de soixante ans environ, il dépose que Claude Day, autrement Daly, "au langage vulgaire de par deçà", était marié avec une nommée Nicole Thiercelin, native de la cité de Tréci, duquel mariage sont issues et descendues Jeanne, Clère, Didon, Anne, Marguerite et Billon Daly, leurs enfants. (V. Nouvelles recherches sur la famille de Jeanne d'Arc, par E. de Bouteiller et G. de Braux, page 25-26.)
2° Dans la même enquête, " Honorable homme François de Brissey, praticien, demeurant au dit Vaucouleurs, âgé de cinquante et un ans environ, dit que feu Jean de Brixey, son père, avait épousé en secondes noces Sibille, ,fille de Claude Daly, lequel avait eu huit filles: Sibille, femme du père du dit déposant, Jennon, Didon, Anne, Catherine, Barbe, Clère, Marguerite." (V. le même ouvrage, page 29·)
3° Dans l'enquête du bailly de Chaumont, du 8 octobre 1555, François de Brixey, lieutenant du prévôt de Vaucouleurs, dépose à nouveau et dit à cette occasion que "son père était en son vivant natif et demeurant à Domrémy sur Meuse, décédé en l'an 1530, à l'âge de soixante ans; lequel eut espouzé en secondes noces une nommée Sibille, fille de Claude d'Ay, petit neveu de la Pucelle." (V. le même ouvrage, page 55·)
Sibille était la belle-mère du déposant, qui le déclare lui-même dans l'enquête de 1551. Les généalogistes se sont trompés en le disant fils de Sibille, puisqu'il était né d'un premier mariage de son père, Jean de Brixey.

V. - Jean de Brixey, né vers 1500-1505, écuyer, seigneur de Saint-Élophe, en partie, demeurant à Domrémy.

Bibliothèque Nationale. Cabinet des titres. Pièces originales 524.
De Brixey. - Contrat de vente d'une maison sise à Saint-Élophe le 23 juillet 1536, à noble homme Jean de Brixey, écuyer, seigneur de Saint-Élophe en partie, demeurant à Domrémy.


VI. - François de Brixey, né vers 1540, seigneur de Gibomel et de Jubainville en 1581 et 1596

Archives départementales de Nancy B 719 n° 33. Foug. 2.- 16 janvier 1581.
(Titre exact) Eschanges et comreschanges d'entre honnorez sieur Jean Lambrosi de Malabarba, sieur de Villemorin et de Baslenot,
et le sieur François de Brixey, seigneur de Jubainville, Mont La Noye, Gybomeix, etc ...
(Autre acte) n° 33. Foug. 2
Eschange pour le sieur François de Brixey, sieur de Jubainville, Gibomel en partie, contre le dict sieur Jean de Noirefontaine le Jeune, seigneur de Puisancourt, escuyer, et de damoyselle de Tournebulle, son espouse (1582).
(Autre acte) n° 3). Foug .2
Autre reprinse pour François de Brixey, seigneur de Jubainville.
"Charles de Lorraine, par la grâce de Dieu, esvêque de Metz, lieutenant général de Monseigneur pendant son absence, reçoit l'humble supplication et requeste de François de Brixey, sieur de Jubainville."
Acte donné en la ville de Nancy le vingt-septième jour du moys de novembre mil cinq cent quatre-vingt et cinq.

VII. - Frédérique de Brixey, né vers 1570, seigneur de Gibomel et Jubainville.

Archives départementales de Nancy, n° 80. Ruppes 2. - 15 juin 1610
Copie collationnée d'un procès entre divers seigneurs et Jehan Christophe et Frédéric de Brixey, escuyers seigneurs de Gibomel, nobles Nicolas Oryot et Estienne Mourot, tous seigneurs en partie de Jubainville.

VIII. - Bastien, sieur de Brixey, né vers 1595, mort avant 1644. épouse N…

1° Acte de mariage de Jeanne de Brixey, sa fille, du 4 octobre 1644, à Maxey-sur. Meuse, près Domrémy.
(Archives communales de Maxey-sur-Meuse).

IX. - Jeanne de Brixey, épouse le 4 octobre 1644, à Maxey-sur-Meuse, Maurice Poirot, de la même paroisse.

1° Acte de mariage du 4 octobre 1644.
2° Acte de baptême de leur fille Élophe dont le parrain est François-Bastien de Brixey, frère de Jeanne. "Nous avons déjà vu que Jean de Brixey, avant d'épouser Sibille du Lys en 1498, avait eu d'un premier mariage un fils qui s'appelait également François de Brixey, lequel était devenu lieutenant du prévôt de Vaucouleurs."

X. -Élophe, née le 21 mai 1649, épouse Demenge Melcion, sieur du Chesnois .

1° Acte de baptême d'Élophe, du 22 mai l649;
2° Acte de décès d'Élophe, le 1er septembre 1693,à Seraumont;
3° Acte de baptême d'Anne, fille de Demenge Melcion et d'Elophe
Poirot, le 23 novembre 1671,de Brixey.
(Archives communales de Maxcey-sur-Meuse et de Seraumont).

XI. - Jean Melcion, procureur fiscal de Chermisey, né vers 1675, épouse Catherine Chevelle le 1er février 1701.

1° Acte de mariage du 1er février 1701;
2° Acte de baptême de son fils Florentin, le 22 août 1704.
3° En 1709 et en 1725 des actes de l'état-civil le désigne comme procureur fiscal de Chermisey.
(Archives communales de Chermisey).

XII.- Florentin Melcion, né le 21 août 1704, à Chermisey, épouse Marie Humblot le 22 novembre 1734,d'où -

A.- Élophe Melcion d'Arc qui suit: (XIII).

B - Gabriel Melcion d'Arc, de Greux, né le 14 décembre 1744, épouse ... Ferry, d'où;

1° Marie-Françoise: Melcion d'Arc, née en 1785 , morte en 1826, épouse Jacques-Henri-Ant Husson, conseiller général de Neufchâteau (Vosges), né en 1780, mort en 1852, d'où: Gabrielle-Joséphine-Antoinette née vers 1807, épouse Jean-Baptiste Michel Tulpain: de Neufchâteau, d'où: a, Lucien Tulpain, chevalier de la Légion d'honneur né en 1830, mort le 18 mars 1900, épouse Louise-Félicité Bouriou et a deux enfants:
Georges et André; b, Marie-Léonie Tulpain, épouse Louis-Joseph-Christophe Hun conservateur des Forêts, officier de la Légion d'honneur, né en I805, mort à Noncourt (Vosges), le 4 janvier 1897;
2° Claire Husson, épouse Claude-François-Joseph d'Arbois, capitaine d'État-Major, d'où postérité.

1° Acte de baptême de Florentin, le 22 août 1704
2° Acte de mariage, le 22 novembre 1734.
3° Acte de notoriété du 6 novembre 1890. (Etude de .Me Marchal
notaire à Neufchâteau).
4° États civils. (Archives communales de Chermisey).

XIII. - Élophe Melcion d'Arc, né à Chermisey le 2 juin 1741,. mort le 9 février 1814 à Domrémy, épouse Manie Poillot, de Collange, le 25 septembre 1770 à Paris, d'où:

A.- Laurent-Marie Melcion d'Arc qui suit: (XIV.)

B - Alexandre-Casimir-Élophe Melcion d'Arc intendant militaire, commandeur de la Légion d'honneur chevalier du nombre extraordinaire de Charles III d'Espagne, chevalier de l'Ordre du Lion de Belgique, né le 1er août 1785 épouse Marie Nillius, à Mayence en 1809 d'où:

1° Charlotte-Françoise Melcion d'Arc, née le 6 mars 1810, morte le 8 septembre 1875, épouse Auguste Escher, officier principal des subsistantes militaires, chevalier de la Légion d'honneur, mort le 10 septembre 1838, d'où: a, Élisabeth-Anne-Sophie Escher, née le 23 décembre 1829, épouse en 1852 Jean-Baptiste Buisson, directeur des manufactures de l'État, officier de la Légion d'honneur, mort le 6 mars 1888,d'où : Anne-Marie-Charlotte-Élizabeth Buisson, née le 30 juin 1855, épouse le 4 juillet 1877, Raymond François Marie comte de Castel, d'où: I, Charlotte Anne Françoise Marie de Castel, épouse le 17 juillet 1902 Joseph-Marie Anger de Kernizan, lieutenant d'artillerie; II Jeanne-Françoise Marie de Castel. III Anne Louise Françoise Marie de Castel, épouse le 10 mai 1904, le vicomte Georges de Montfort; IV, François-Marie Gobrien de Castel; V, Marie-Lucienne-Françoise de Castel. b, Anna-Frédérique-Alexandrine Escher, née le 26 mars 1832.

2° Antoinette-Élisa Melcion d'Arc, née le 12 mars 1811, épouse Louis Rothé, intendant militaire, commandeur de la Légion d'honneur, le 22 octobre 1834, d'où: Charles-Louis-Gustave Rothé, commandeur de la Légion d'honneur, général du Génie;

3° André-Casimir, Élophe Melcion d'Arc, comte romain, consul du Saint-Siège, chevalier de la Légion d'honneur, commandeur de l'ordre de Grégoire le Grand, né le I4 janvier 1813, épouse Marie Allié le 4 novembre 1850, sans postérité;

4° Ferdinand, Élophe Melcion d'Arc, colonel, officier de la Légion d'honneur, officier de l'ordre des SS. Maurice et Lazare de Sardaigne, né le 17 septembre 1814, épouse Marie-Léopoldine de Stabenrath, sans postérité;

5° Marie-Élisa Melcion d'Arc, née le 1er janvier 1816, à Paris, morte en février 1909 à Cherbourg, épouse Pierre-Étienne Cuny (1), général de brigade, grand officier de la Légion d'honneur, né à Paris, le 17 février 1797, mort à la Flèche, le 5 septembre 1861, d'où: a, Léon-Louis Cuny, sous-lieutenant d'infanterie de marine, mort en expédition à Yung-hong (Cochinchine), le 2 octobre 1867; b, Ferdinand-Charles Cuny, capitaine d'infanterie de marine, mort à la suite des blessures reçues à l'assaut de Sontay (Tonkin), le 23 janvier 1884; e, Adrien-Francis Cuny, commandant, mort en 1903; avait été blessé deux fois en 1870,à Borny et à Saint-Privat; d, Élisabeth-Marie Cuny ;

(1) Étant chef de bataillon, le général Pierre Étienne Cuny avait été cité à l'ordre du jour de l'arme le 23 décembre 1835, lors de l'expédition de Mascara, pendant laquelle, à la tête de sa compagnie, il réussit à dégager une de nos colonnes enveloppée par les Arabes.
Colonel le IO mars 1841 le plus jeune de l'armée, il fut promu le JO juillet 1848 au grade de général de brigade.
Elevé à la dignité de grand-officier de la Légion d'honneur le 30 décembre 1858, le général fut placé, le 21 février 1859, dans la deuxième section du cadre de l'État-Major général, après quarante-quatre ans de services, et vingt années de campagnes, dont quatorze en Algérie. (Extrait de l'Annuaire nécrologique, publié par E. Perraud de Thoury, Paris, 1862).

6° Elisabeth-Amélie- Thérèse Melcion d' Arc, née en 1820 épouse Pierre-Jacques Dubois, intendant militaire, le 21 mars 1844, à Paris.

1° Acte de baptême d'Élophe, du 3 juin 1741 (Archives communales de Chermisey). Acte de décès (Archives de Domrémy);

2° Acte de baptême de sa fille Alexandrine-Lucie, dont le parrain est Mgr. comte d'Espinaye de Saint-Leu, marquis de Lignery, et la marquise :Mme la marquise d'Orvillé, veuve de très haut et très puissant seigneur Ferdinand Laviefville, marquis d'Orvillé;

3° Acte de décès d'Alexandre-Casimir-Elophe Melcion d'Arc, dans lequel son père Élophe est désigné Élophe Melcion d'Arc, le 3 septembre 1854. (Archives communales de Villedomer (Indre et Loire) ;

4° Actes de naissance et de baptême de Charlotte-Françoise-Sophie Melcion d'Arc, fille d'Alexandre-Casimir-Élophe, née le 8 mars I8IO, et dont le parrain est François Kellermann, maréchal de l'Empire, et la marraine Marie-Charlotte Buot, femme de Laurent-Marie Melcion d'Arc. (Archives de la Seille);

5° Acte de notoriété du 6 novembre .1890 ,à Neufchâteau (Vosges).

6° Dossier militaire d'Alexandre-Casimir-Élophe Melcion d'Arc, intendant militaire, Commandeur de la Légion d'honneur. (Archives du Ministère de la Guerre);

7° Dossiers militaires des deux fils d'Alexandre-Casimir-Élophe

8° Extrait du Moniteur universel, journal officiel de l'Empire, jeudi 7 septembre 1854.

XIV. - Laurent-Marie-Melcion d'ARC, né le 9 septembre 1782, à Paris, mort le 10 mars 1858, épouse Charlotte Buot, d'où:

  • Charles-Élophe Melcion d'Arc qui suit: (XV).

- Marie-Joséphine Melcion d'Arc, née en mai 1806, morte le 1er novembre 1882, épouse le 4 janvier 1826, Théophile Grenet, né le 10 juillet 1797, mort le 30 novembre 1862, à Paris, d'où :
1° Anne-Charlotte Grenet,
née en 1828, épouse le 5 novembre 1855, Émile-Charles Chauvin, chancelier de l'Ambassade Turque à Paris, mort en 1871 dans la catastrophe de Boudolles, d'où:
Paul, Élisabeth et Marie.
2° Pauline Grenet, née le 12 avril 1829, morte à Constantinople, le 25 octobre 1885, épouse en août 1857, Ernest Munier, mort en 1860;
3° Noémie Grenet, née le 19 octobre 1835, épouse Charles-Marie Leclerc, mort le 23 octobre 1892;
4° Théophile Grenet, né le 10 juillet 1838 à Paris, épouse Marie Lunel;
5° Marguerite Grenet, née le 10 mai 1845, épouse le colonel Hyacinthe Faveris, commandeur de la. Légion d'honneur) mort en 1900, d'où:
Hyacinthe, lieutenant d'infanterie, né en 1875 et Yves né en 1879,

1° Acte de baptême de Laurent-Marie, du 10 septembre1782
2° Acte de décès du même, du 10 mars 1858,
3° Acte de baptême de son frère cadet, Alexandre, Casimir, Élophe, du 2 août 1785. (Archives de la Seine.)
4° Acte de décès du même, le 3 septembre 1854.
5° Nombreuses lettres de famille du commencement du XIXe siècle signées : Melcion d'Arc. (Archives de famille).

XV - Charles Élophe Melcion D'Arc, docteur en médecine, chirurgien en chef à l'hôpital civil d'Alger, puis chirurgien-major à Paris, né le 25 juillet 1805, mort le 4 décembre 1860, épouse Pauline-Aloïse Peigné le 28 septembre 1836, morte à Coulombs (Eure-et Loir), le 16 août 1897, d'où:
A. - Laure Melcion d'Arc, qui suit: (XVI), née le 29 mai 1840 à Coulombs (Eure-et-Loir), épouse Alexandre, François Piel, chevalier, de la Légion d'honneur, le 28 février 1859, à Nogent-le-Roi, d'où postérité.
B. - Pauline- Eudoxie (dite Marie) Melcion d'Arc, née à Alger, 27 septembre 1844;
C. - Elisabeth-Marie Melcion d'Arc, née à Paris le 19 juillet 1849, épouse Francis Deshoulières, ingénieur, à Nogent-le Roi.

1°Acte de naissance du 6 thermidor an XIII. (Archives de la Seine).
2° Acte de mariage du 28 septembre 1836.
3° Dossier militaire de Charles-Élophe.
4° Lettre du maire d'Alger, du 14 juin 1847,à M, Melcion d'Arc, chirurgien en chef de l'hôpital civil.
5° Passeport du 28 janvier 1848, au nom de la dame Melcion d'Arc, née Pauline Peigné, épouse de M. Melcion, chirurgien :
6° Certificat du capitaine commandant le 5e escadron des Guides, en faveur du docteur médecin, ex chirurgien-major Melcion d'Arc, du 15 août 1849;
7° Nomination de M. Melcion d'Arc comme médecin de la Société de secours mutuels de la ville de Batignolles-Monceaux, le 4 mai 1859 (Mairie de la ville de Batignolles-Monceaux) ;
8° Pièce de la Sous-intendance militaire de Paris, du 6 février 1860 au nom du docteur Melcion d'Arc - Service des hôpitaux militaires, (Archives de famille)

XVI. - Laure Melcion d'Arc née à Coulombs (Eure-et-Loir) le 29 mai 1840, épouse, le 28 février 1859, Alexandre-François Piel, chevalier de la Légion d'honneur, né à Paris le 11 septembre 1828,d'où:

A. - Henri-Charles, né le 24 janvier 1860, épouse Anne Genin le 6 juillet 1885, d'où Geneviève, née le 21 avril 1900 à Paris;
B. - Léon-Paul qui suit (XVII), né le 14 décembre r862;
C. - Marie, née le 2 janvier 1865, épouse Pierre Genin, ingénieur le 11 février 1885 ;
D. - Joseph-Alexandre, né le 17 mars 1866, épouse Hélène Midderigh le 24 novembre 1902. E. - Élisabeth, née le 11 février 1868;
F. - Madeleine, née le 4 novembre 1872, épouse à Paris, Gustave Marquézy, de Rouen le 4 novembre 1891, d'où: Robert, Élisabeth, Jacques, Charles, Alexandre et Joseph;
G. - Francis, né le 6 mai 1876, épouse Marcelle Getting le 22 juin 1904;
H. - Octave, né le 6 mai 1876 ;
I. - René, né le 8 janvier 1879.

1° Acte de naissance du 30 mai 1840;
2° Acte de mariage;
3° États-civils.
(Archives de la Seine).

XVII. - Léon-Paul Piel, né à Paris le 14 décembre 1862, épouse le 8 avril 1885,à Paris, Adèle-Victorine Jeanne Lestret, née à Paris le 22 octobre 1865, d'où:
A.- Marguerite-Henriette, née le 4 janvier 1887, morte le 16 février 1888 à Paris;
B.- Gabriel Louis Jacques, né le 2 novembre 1889 à Paris;
C.- Gabriel-Charles-Jean, né le 1er février 1891 à Paris;
D.- Joseph-Alfred-Xavier, né le 4 octobre 1892 à Paris;
E.- Marie-Robert-André, né le 13 février 1895 à Paris;
F.- Pierre-Alexandre-Élophe-Paul, né le 25 août 1897 à Berck;
G.- Marie-Madeleine-Élisabeth, née le 11 septembre 1900 au Touquet;
H.- Marie-Geneviève-Jeanne née le 25 Octobre 1904 à Paris.

CHARLES ÉLOPHE MELCION D'ARC


Fils de Laurent Melcion d'Arc, né le 25 juillet 1805 à Paris décédé le 4 décembre 1860 à Nogent-le-Roi.

Le 28 septembre 1836 il épouse Pauline, Alïse Peigné à Coulombs où ses parents et beaux-parents possède une propriété. En 1827 Mr. Peigné avait vendu la pharmacie qu'il dirigeait à Paris place Baudoyer, 4e ardt.
Mr. Peigné est maire de Coulombs et il a célébré le mariage de sa fille dans le vaste salon de sa maison où il a d'ailleurs coutume d'unir les conjoints notables de la commune. À cette époque
Mr. et Me. Laurent Melcion d'Arc habitent une belle propriété sise à 1 kilomètre à peine de Coulombs, à Chandres, et c'est grâce à la proximité des deux propriétés que les familles ont pu se connaître et se lier d'amitié.
Charles Melcion d'Arc avait présenté sa thèse de docteur en médecine le 20 mai 1835 à Paris.
À Nogent quant il se marie le 28 septembre 1836 il a déjà une clientèle; mais la vie de médecin à la campagne ne lui convient pas, ne répond pas à son tempérament ni à son caractère et après plusieurs années de patience il rêve d'aller en Orient à la recherche d'une situation plus en rapport avec ses goûts.
Il a toujours aimé les sciences et les voyages. Dans sa jeunesse il voulait être marin et sa mère avait toujours contrecarré sa vocation.
Durant les années vécues à Paris il a connu et fréquenté beaucoup d'artistes et d'écrivains en renom : Théophile Gautier, Arsène Houssaye, Godefroi Cavaignac ...

Il avait fait deux années de campagne en Afrique comme sous-aide major - 1832-1833 -

Il est las de campagne et malgré l'immense regret qu'il éprouve à l'idée de quitter sa jeune femme qu'il aime passionnément il part subitement de Nogent au moi de mars 1840, caressant l'espoir de trouver rapidement en Turquie une situation qui lui permettra de revenir bientôt chercher son épouse.
Embarqué à Marseille il arrive à Constantinople. Il espère par son oncle Casimir Melcion d'Arc
et par l'ambassadeur de France, obtenir l'emploi de médecin à l'Hôpital Français de Galata (faubourg de Constantinople) C'est un autre candidat qui est nommé. Il se rend alors à l'île de Samos et le 18 août 1840 il signe un contrat de 3 ans qui l'attache comme médecin de son Altesse Étienne Vogoridi, prince de Samos, dans les quatre départements de l'île.
Il devra organiser plusieurs léproseries.
Par malheur la révolte éclate peu après et le brigandage règne bientôt dans l'île. Il manque d'être assassiné à plusieurs reprise lors de ses déplacements et comme il n'a pas jamais touché les appointements promis par suite du désordre et de l'anarchie il finit par se lasser, quitte Samos, séjourne quelques temps à Smyrne puis à Constantinople où il tente de créer une clientèle. Il fut malheureusement obligé d'y renoncer une fois de plus. Il s'éloigne de Constantinople, débarque à Marseille où il espère trouver sa femme et sa fille Laure, celle-ci était née peu après son départ de France le 29 mai 1840 à Coulombs.
Ses beau-parents n'ayant pas pu accompagner leur fille et leur petite-fille à Marseille, ont refusé de les laisser partir seule.
Cruellement déçu, Charles ne retourne pas en Turquie. Il opte pour l'Algérie. À Alger il nommé médecin-chirurgien en second à l'Hôpital Civil. Il peut enfin faire venir sa femme près de lui.
Il remplit les fonctions de chirurgien-chef et se consacre avec le plus grand dévouement à ses malades.
Sa jeune femme souffre beaucoup d'être éloignée de sa fille Laure qui est restée en France avec ses grands-parents. Alors au mois de mars 1844 Charles vient tout exprès la chercher.
Le 20 septembre 1844 une seconde fille ,Pauline, Eudoxie dite Marie voit le jour à Alger.
Trois années se passent, en décembre 1847 Me. Peigné, sa belle-mère meurt. Son beau-père resté seul réclame instamment le retour de sa fille et de ses petits-enfants.
Ce n'est que qu'au mois de février 1848 que Charles se décide a les embarquer pour la France. Quelques mois plus tard il obtient un congé de trois mois qu'il prolonge. Durant son séjour au milieu des siens, son oncle l'Intendant le fait nommer Chirurgien Major de la Garde Nationale Mobile de Paris le 24 septembre 1848. Il démissionne de ses fonction à Alger, il ne retournera plus en Afrique où il a laissé de nombreux regrets et amis.

Le 23 février 1849 il est nommé chirurgien-major du bataillon de la gendarmerie mobile à Paris .
Il habite avec sa famille 12 rue du Pont de la Réforme. Sa troisième fille Élisabeth y vient au monde le le 19 juillet 1849.
Charles résidera à Paris et à Nogent-le-Roi. Ses trois filles feront leurs études au pensionnat des sœurs de Sain Paul de Chartres. À partir de l'année 1850, la clientèle à Nogent et dans les communes environnantes s'est étendue tout en continuant d'exercer à Paris, à Batignolles-Monceaux. Et pendant une dizaine d'années se sont des allées et venues épuisantes. Ce n'est qu'à partir de mars ou avril 1860 qu'il abandonne tout à fait Paris.
Il est fatigué et sa santé est fortement ébranlée et le 4 décembre 1860 il meurt à 55 ans.

FERDINAND EUPHÉMIE MELCION D'ARC


Fils d'Alexandre, Casimir, Élophe Melcion d'Arc. Ferdinand est né le 17 septembre 1814 à Strasbourg et décédé à Saint Servan près de Saint Malo. Il épouse à Saumur le 8 juin 1852 Marie Charlotte de Stabenrath, petite nièce du général de Stabenrath. Saint Cyrien en 1832.

Lors de la guerre avec l'Allemagne en 1870 le lieutenant-colonel Ferdinand Melcion d'Arc commandait la place de Sedan depuis le 20 mai 1868.

Au mois de septembre 1870 quand Napoléon III capitula avec une armée de 100 000 hommes, les soldats Allemands entrèrent dans Sedan.
À leur arrivée à la Citadelle le lieutenant-colonel Melcion d'Arc en grande tenue se tenait dans la cour avec ses officiers, quand un sous-officier allemand s'approcha de lui et le raillant se mit à jouer de sa main avec sa croix d'officier de la légion d'honneur, Ferdinand le gifla et fut immédiatement approuvé par un colonel allemand qui fit appréhendé le sous-officier.
D'autre part Melcion d'Arc prétendit fièrement que si l'armée de Napoléon III avait capitulé, il n'en était rien de la garnison qui occupait la Citadelle.
C'est pourquoi, prisonnier le 2 septembre 1870 il fut remis en liberté sur parole le 4 septembre.
La veille de la capitulation, il avait fait distribuer le trésor de guerre entre tout les sous-officiers des régiments, de sorte que grâce à cette heureuse initiative le trésor ne tomba pas entre les mains de l'ennemi.

ALEXANDRE CASIMIR ÉLOPHE MELCION D'ARC

ALEXANDRE CASIMIR ÉLOPHE MELCION D'ARC


Le Moniteur Universel. Jeudi 7 Septembre 1854.

Nous apprenons avec douleurs une pertes dès plus regrettable : Monsieur Melcion d'Arc, intendant militaire en retraite, s'est noyé le 2 septembre en voulant sauver un jeune homme de 17 ans. Voici comment cet affreux malheur est arrivé.

Invité pour l'ouverture de la chasse au château de Beauregard à 24 km de Tours, sur la route de Vendôme, monsieur Melcion d'Arc, après avoir chassé le 1er septembre partit le lendemain pour la pêche avec deux dames et un jeune domestique. Celui-ci qui ne savait pas nager, étant tombé dans un fond raviné de la rivière, fut emporté par le courant et monsieur Melcion d'Arc sans consulter son âge, (il était dans sa soixante et dixième année), ni ses forces, se jeta à l'eau pour le sauver; mais ses moyens furent paralysés par les mouvements convulsifs du jeune homme qui en se cramponnant à lui, l'entraîna au fond, où ils périrent tous les deux.

Après une vie toute d'abnégation et d'honneur, monsieur Melcion d'Arc a terminé par un acte de sublime dévouement, sa carrière si noblement remplie.
Né à Paris le 1er Août 1785, monsieur Melcion d'Arc (Casimir, Élophe) entra dans le notariat dès 1798 et y travailla jusqu'en 1805.
Incorporé à cette époque au 3° régiment de ligne, sa connaissance du droit et des affaires le fit appeler immédiatement à l'état major général. Le maréchal Kellermann, duc de Valmy, l'attacha à sa personne et dans ses commandements successifs, monsieur Melcion d'Arc, dirigea tout le travail de son état-major. C'est dans cette disposition, qu'il devient adjoint aux commissaires des guerres en 1809 et commissaire des guerres en 1813.
Remarqué par l'Empereur Napoléon, l'appela à diverses reprises près de lui et entre autres travaux le chargea de lui proposer la réorganisation de l'armée pendant l'armistice de Dresde.
Entré au ministère de la guerre en juin 1815, monsieur Melcion d'Arc y fut fait successivement chef de plusieurs bureaux et chef du cabinet du maréchal Gouvion Saint Cyr en 1817. En 1822, il fut employé de nouveau dans le grade de sous-intendant militaire.
Après les journées de 1830, le maréchal Gérard lui confia aussi, comme ministre de la guerre, la direction de son cabinet, direction qu'il a conservée sous les maréchaux duc de Dalmatie et duc de Trévise. En 1835, il fut appelé à l'intendance militaire de l'armée d'Afrique et en 1840 'au comité de l'infanterie et de la cavalerie. Au commencement de 1842, monsieur le maréchal Soult de nouveau ministre de la guerre, le nomme chef de la division des affaires d'Algérie.
Des travaux excessifs, des veilles continuelles altèrent sa santé et l'obligèrent à se démettre de ce poste en mai 1843 pour rentrer au comité de l'infanterie. II s'y trouvait encore dans les premiers jours de 1847, lorsqu'il fut choisi pour l'intendance de la 1ère division militaire. II continua à exercer ces fonctions dans les circonstances les plus graves et les plus difficiles de février et de juin 1848, jusqu'en août 1849, époque à laquelle il fut admis à faire valoir ses droits à la retraite.
Monsieur Melcion d'Arc comptant alors plus de 37 ans de services et 9 campagnes. II fut admis dans le cadre de la réserve en vertu du décret du 26 septembre 1852.
Chevalier de la Légion d'Honneur le 2 septembre 1814, officier le 20 juillet 1830, il avait été nommé commandeur le 19 janvier 1837. Retiré à Tours où l'un de ses gendres, monsieur le général Cuny commande en ce moment, par intérim, la 1e division militaire et où un autre de ses gendres, monsieur Rothé est intendant militaire, monsieur Melcion d'Arc avait mis au service de sa ville adoptive sa haute expérience et les connaissances qu'il avait acquises par une longue pratique administrative : il avait plus particulièrement consacré ses soins aux établissements de bienfaisance et aux hospices où son esprit charitable trouvait naturellement plus d'occasion de s'exercer. Aussi jouissait-il dans toute la ville de l'estime la plus méritée et la nouvelle de la mort de cet homme de bien a-t-elle été accueillie par un deuil général.
Une lettre de Tours en date d'hier 4 septembre, nous exprime les regrets universels causés par la perte de monsieur Melcion d'Arc. Au moment où cette lettre allait être mise à la poste, les troupes commandées pour rendre les honneurs militaires à la victime d'un si noble dévouement étaient rassemblées et toutes les notabilités de la ville s'unissaient à l'armée pour honorer ses obsèques.

LES MELCION D'ARC