EST-CE DE LA LITTÉRATURE ?

Pot d’échappement (poème)
 


L’onde était si belle

Que le pont croula

Croule et viens me rendre l’amour volé.
Souffle,
La bougie s’endort.
Je respire enfin.
M'aimes-tu ?
 
S.P.
Paris 1969 

Remords


 

Ce soir-là j’ai cru, quoi je me le demande.
J’ai cru que ton cœur éclatait pour moi.
Mais non !
Je suis un pantin pour toi.
Et tes yeux d’amande douce ont fait semblant de pleurer d’amour.
Et j’ai cru que tu m’aimais.
Cruelle erreur cruelle solitude je suis seul et c’est rude.
Oh bonheur d’avoir cru d’être aimé
Oh malheur d’avoir cru.
 
 

 

Elle est partie



Vois comme ces mots me blessent

Tu es partie seule là-bas sans laisse
Et tes yeux comme tes pas se sont évanouis dans le vide,
Mon visage alors s’est couvert de rides.


Paris 1963

S.P.

 

voyage


Qu’as-tu ?

Au bout je me le demande.
La vie est-elle ce que tu la vois ?
Voyage qu’as-tu ?
Au bout amour solitude ou rien.
Le ciel et la mer.
Mer ou nuages, nuages ou amour ?

Dans le train le 4/02/1961, entre Toulon et Saint-Raphaël.
S.P.

Couleur d’étoile


Pourquoi sont-ils venus ces pleurs ?
Séchez vos larmes séchez vos cœurs.
Pourquoi ces larmes ?
Sourires.
L’amour est de retour.
L’homme cour vers toi douce fille
La guerre est finie mets ta robe couleur d’étoile.

Octobre 1964

Aveugle


Te souviens-tu du jour où je t’ai dit que je t’aimais ?

J’ai encore souffert et je souffre encore.
J’ai cru que ton amour me ferait sourire.
Tu as joué avec mes larmes mon corps ma peau.
Aveugle, mon cœur mes mains.
Aveugle, mon sourire mon amour.

Paris 1963

S.P.

Dans le village


Dans le village
Plein du soleil de ma mie
Je viens lui clamer mes sentiments d’exaltation.
Dans ton village empli de joie et de tes lumières
Nous vivons notre amour jusqu’à la fin du soleil.
Dans notre village fleuri
Nous sommes un trésor d’amour.

1964
S.P.



Sans titre


L’enfant se lève pour aller à la fenêtre.
Le paysage défile.
Paysage du matin, du soir, paysage d’airain.
Les hommes se couchent.
La vie serpente devant une couche engluée d’hommes couchés.
L’enfant regarde le matin, le soir. Froid figé comme le givre.
Vitre brisée, l’enfant debout
Embrasse naïvement d’une violente tendresse.
Embrassée dans ses bras la vie frissonne. Les hommes se touchent.
Le défilé de la vie devant une bouche crispée d’homme touché.
L’enfant marche sur la vitre brisée, méandre de vie embrasée, l’enfant suit.
Les hommes s’effritent,
Ils se meurent devant une crypte entassée d’hommes effrités.

Paris 1960
S.P.

C’était un jour


C’était un jour de pluie qui descendait du haut en vagues noires.

C’était un jour près de l’arbre du parc.
C’était un jour où tu m’as quitté.
Ce jour-là, j'ai pris la main tendue du vieil arbre.

Paris 20/11/1964 S.P.



elle


Le soleil et sa fleur de printemps l’accompagnent,
Elle sourit.
La lune et sa musique de nuit l’accompagnent,
Elle danse.
Le ciel azur et l’oiseau l’accompagnent.
Elle chante.

Paris 25/11/1964

Petite nouvelle



Je pense à toi en ce jour de gloire, tu me rappelles ta grande sœur.
Le soleil se lève flamboyant, tout neuf, souriant il attire les regards enrhumés.
En ce jour de naissance, l’homme prend conscience de son état. Le combat du pur au faible se fera avec lui. 

Comme le végétal il n’a pas pourri dans la fosse. Le soleil tournoie la révolte est proche.

La vague déferle sur la grève. Le brouillard s’évapore sur la horde jaunie. La houlette du serpent danse et siffle.
L’âme enrobée de suc, pur jus de la médiocrité ce troupeau succédané d’humanité, avance, se précipite à petits pas. Foule silencieuse, majoritaire dit-on ? Faiblement hurlante. Où sont tes actes ?
Manger, mal dormir, avachissement, ruine de l’esprit.
La horde domestique s’engouffre dans les vaisseaux, artères pourries de la ville, capitale d’un pays, d’une tribu.

J’aime la tribu des Occoparahico du continent perdu, géniale dans sa manière de regarder la naissance du jour .

Si la rosée s’évapore avec tendresse l’homme oublie son mal être.

Cette horde domestique oublie son cœur pour son fessier ni propre ni salé qui sent le rexone.
Boule de verre agrémentée de faux cils plastifiés, qu’ils accrochent au porte-manteau de la télé. 

Elle trône au mitan de cette gamme humaine de crétins suants la drogue de certains politiciens écoeurés écoeurants.

Pierre se lève va vers la véranda de son studio, contemple la lumière forte atomisée par l’eau de la rue inondée la veille.
Il songe, silex terre arbrisseau cèdre, heureux d’être encore là simple et pur. 

Le reflet de sa main gauche frottant son visage anxieux l’obstine depuis dix ans.
Bref ! Il habille son corps d’une tunique blanche glisse ses pieds dans une paire de sandales rouges.
Pierre artiste peintre est croyant. La cité comme tous les jours l’avale. Son atelier est situé à quelque pas.

Sur le chemin il aime se baigner des jardins cela lui permet de voir en lui et d’associer ce monde. 

De penser à ceux qui ne savent plus regarder.

À 16 heures, rendez-vous chez Jacques. Son calepin lui rappelle qu’il a des amis.

Paris 1974
S.P.