LA CONSTRUCTION DE NOTRE PONTON


Ce ponton de pêche au carrelet que nous voulons reconstruire se composera d'une plate-forme soutenue par huit poteaux circulaires d'un diamètre de 20 cm, engravés dans le sol sur 1 mètre de profondeur.

Le plancher reposera sur un assemblage de madriers et de bastaings fixés sur sa périphérie aux huit poteaux par des tiges filetées galvanisées de 16 mm de diamètre.
Une cabane y prendra place : elle sera réalisée avec une ossature bois, habillée d'un bardage horizontal. Son toit en bois recouvert d'un feutre bitumé viendra la couvrir. Une porte et des petites ouvertures vitrées la finiront. Une balustrade en bois assurera la sécurité tout autour.
Pour y accéder un escalier tout en bois, de type échelle de meunier, sera fixé en son centre tout en apportant un renfort au ponton.
Pour la partie carrelet, un filet de 14 mm de maille de 5 mètres sur 5, fixé sur un cadre en tube galvanisé, sera treuillé par un filin de nylon tressé au moyen d'un enrouleur assisté d'un contre poids. Cet ensemble sera supporté par un mât en bois, solidement arrimé sur le toit de la cabane.
Notre volonté première est de respecter la tradition et d'intégrer au mieux l'ouvrage sur le site maritime qui l'accueille. C'est pourquoi tous les matériaux utilisés seront en bois de charpente rustique traité. Les couleurs qui animeront ce ponton nous nous sommes inspiré des cabanes d'ostréiculteurs qui bordent le chenal de La Tremblade : le noir pour les principales surfaces et le bleu franc de Charente pour les surfaces horizontales, les encadrements de la porte et des fenêtres, et pour la balustrade.
En raison des marées, nous disposions chaque jour de quatre heures pour travailler sur le site. La construction a été réalisée en trois mois.

Une entreprise spécialisée a foré le sol avec une tarière sur 1m20 de profondeur où ont été plantés huit poteaux télégraphiques. Ce fut fait en trois heures.

Le lendemain nous étions à pied d'œuvre pour réaliser notre rêve. Petit à petit, avec acharnement et quelques risques calculés, l'ouvrage prit forme et couleur.
L'escalier nous a donné quelques soucis : fabriqué en deux parties, il pesait 3 tonnes ou presque ! il était particulièrement lourd.
Le transporter sur le toit de la voiture, puis sur 80 mètres de la berge au ponton, le redresser et le fixer sur les poutres de ceinturage de la plate forme fut difficile, pénible, agaçant, crispant, usant.

À force de faire "ho hisse", le souffle s'évapore, les bras deviennent mous, la tête tourne... nous avons souffert mais réussi à le poser comme prévu.
Chacun à notre tour nous montâmes pour le plaisir ce magnifique escalier, telles les vedettes du showbiz au moment du festival de Cannes ! Nous étions heureux, fiers, contents, ravis, le reste de la construction n'étant plus qu'une formalité.
Les éléments de la cabane, préfabriqués à la maison, ainsi que le treuil et tout le système mécanique pour la montée et la descente du carrelet, furent installés en dernier, sans oublier le panneau obligatoire, "propriété privée, défense d'entrer".

Le 21 décembre 2003, par beau temps froid et sec, vent N.O. force 5, coefficient de marée 79, les héros (Stéphane, Alexandra, Gilles, Nicolas) revinrent avec 500g de crevettes, que Gilles se fit un plaisir de nous faire griller avec de l'ail et de l'huile d'olive... un régal.

Depuis nous avons pêché d'autres crevettes, des mulets (à La Rochelle on dit meuil), bars, anguilles, athérines, soles et congre ainsi qu'une belle sèche. Nous sommes pleins d'espoir pour les jours et les mois qui viennent.

Si vous aimez la mer et la pêche, n'hésitez pas, nous vous emmènerons avec plaisir.

PS : Il n'y a pas de passerelle, ce qui nous oblige à rester au moins six heures sur le ponton en attendant que la mer redescende suffisamment pour rejoindre la terre ferme, il faut aimer.

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