APPENDICES

Pour servir de suite et de conclusion à mon incroyable aventure

1/Officiers français et américains morts au Champ d'Honneur.
2/Rapport du colonel Mac Lood, USA.
3/Paroles du général Truscott à la casbah de Mehdia le 04/12/42.
4/Lettre du général Truscott du 16/01/43.
5/Lettre du major général Eddy du 05/02/43.
6/Lettre du colonel de Rohan du 03/05/43.
7/Lettre du colonel Warren E. Pugh du 08/01/44.
8/Extrait de la revue américaine Esquire du mois de février 1944.
9/Traduction d'un article paru dans le magazine Life.
10/Comment on écrit l'Histoire.
11/Citation à l'Ordre du Mérite, signée Roosevelt.



RAPPORT CONFIDENTIEL DU COLONEL MAC LOOD. USA.

TROUPES

1/Américaines

  • Commandant : Brigadier général Lucien K. Truscott. Tear admiral Kelly US Navy (USA Texas).
  • EM. et détachement d'EM, sub task force goalpost.
  • 60e combat team : (60e régiment d'infanterie, 60e groupe d'artillerie de campagne, compagnie C du 70e bataillon de tanks, détachement du 15e génie, du 9e bataillon d'intendance, du 9¥ bataillon médical, de la 9e compagnie de transmissions, du 9e de reconnaissance, de la 709e compagnie d'ordonnance), commandé par le colonel de Rohan.
  • 3e armored landing team, commandé par le lt-colonel Semmes
  • Unités du 12e air support (and or service) command, commandée par le colonel Craw, puis par le lt-colonel Pidduck.
  • 540e régiment du génie, (moins certains détachements, plus quelques détachements d'autres unités). Équipes de plage, commandés par le lt-colonel Marvin.
  • Diverses unités mixtes armée-marine pour marquer les plages : commandées par le lt-colonel Peddicord; pour couper le filet : lt-colonel Henney; pour l'assaut de la base aéro-navale : (équipe de spécialistes de coups de mains du 60e d'infanterie à bord du USS Dallas.
  • Divers détachements d'EM. WTF, d'artillerie anti-aérienne, de contre espionnage, équipes d'interrogateurs, de radio, de photographes et de communications.

2/ Françaises.

Armée : commandée par le général Mathenet, commandant la division de Meknès.

  • 1e RTM, commandé par le colonel Petit. Commandant d'Armes de la Place de Port-Lyautey
  • 31 Génie, commandé par le lt-colonel Peschaud du Rieu
  • 1e Étranger d'artillerie (75).
  • 7e RTM.
  • 3e REI.
  • 1e REC.
  • 11e Tabor.
  • 12e Tabor
  • 87e Goum.
  • 1e Escadron de cavalerie motorisée de Rabat.
  • Marine: commandée par le capitaine de vaisseau Cadoret.
  • Artillerie côtière Mehdia
  • Escadrille Port-Lyautey, commandée par le capitaine Mathon, (tué lorsque son avion fut descendu par la DCA de la red beach).

LA BATAILLE DE MEHDIA

OBJECTIFS.

A/ Stratégiques

1/ Principal:

Base aérienne de Port Lyautey, seule base aérienne du Maroc Français capable de recevoir par tous les temps tous les types d'avions. Base essentielle pour continuer la campagne après la phase initiale, si l'appui aérien, particulièrement l'appui de chasseurs, peut-être apporté par des avions terrestres basés sur l'USS Saratoga et à Gibraltar

2/ Secondaire :

a/Port Lyautey comme port secondaire.
b/Base aérienne de Salé comme base secondaire.
c/Rabat: base aérienne, port et station radio.

B/ Tactiques

1/ Premier dans l'ordre chronologique, secondaire au point de vue tactique. Couper le filet qui bloque le Sebou à Mehdia, réduction de la casbah et des défenses côtières de Mehdia.
a/ pour permettre au destroyer USS Dallas de remonter le Sebou en vue d'aider à la capture de la base aérienne.
b/ pour permettre au SS Cotessa de remonter la rivière avec du matériel destiné à la base aérienne.
c/ pour permettre de débarquer les ravitaillements à Mehdia (brown beach).

2/ Deuxième dans l'ordre chronologique, principale au point de vue stratégique et tactique.: capture de la base aéronavale et des terrains qui la dominent au nord et au sud et qui sont essentiels pour sa défense.

3/ Troisième dans l'ordre chronologique, secondaire au point de vue tactique: capture des bases aériennes de Salé, de Rabat et du terrain d'atterrissage de Sidi Yahia (Est de Port Lyautey).

LA BATAILLE

Le programme fut réalisé comme prévu dans ses grandes lignes, mais avec un retard de 48 heures, dû principalement au fait que les débarquements avaient été retardés d'une à deux heures, empêchant la surprise. Le feu français et le mitraillage par avion empêcha l'emploi de la ired 2 beach et de la igreen beach comme axe de ravitaillement. Le 2e bataillon du 60e régiment d'infanterie dut se porter à l'attaque sous le feu et l'observation directs. Son attaque fut désorganisée plus tard par le tir des unités navales américaines et par les contre attaques françaises qui reprirent la casbah et le phare.
La tentative faite pour couper le filet de protection échoua aussi le premier jour. En conséquence le Dallas ne put remonter l'oued avant le 3ème jour et la ibrown beach ne put être utilisée avant la fin du 3e jour.
L'attaque des forces motorisées venant de Rabat, l'artillerie française, et la contre attaque lancée sur le flanc droit du 1er bataillon retarda l'avance de cette unité et en attira une partie hors de l'axe de progression au point que ce bataillon ne se trouvait plus en position pour attaquer la base aérienne avant le matin du 3e jour. C'est surtout grâce au tir de l'artillerie navale américaine et aux bombardiers en piqué que l'attaque motorisée du premier jour fut arrêtée. La destruction de péniches de débarquement par la forte houle retarda le débarquement de la compagnie C du 70e bataillon de tanks et du 3e armored landing team.
Le général Truscott accompagné de l'échelon avancé de son EM et de toutes les réserves d'infanterie (y compris le génie de l'air) débarqua sur la iblue beach l'après midi du 8 novembre. Le colonel Carleton le rejoignit à minuit. Le colonel Libby avec l'échelon arrière resta à bord de l'Allen, surveillant le déchargement des navires. L'issue fut douteuse pendant deux jours. Le général Truscott demanda même une fois au général Patton un bataillon de renfort qui ne put lui être envoyé. Mais quand une trêve fut signée l'après midi du 10 novembre, le premier objectif avait été atteint et les défenseurs locaux français avaient été repoussés d'une façon décisive et étaient sévèrement désorganisés. Le colonel Petit lui-même fut capturé à un moment et put s'échapper ensuite en profitant de la confusion. Le major Mc Carley, commandant le 1e bataillon du 60e d'infanterie eut une expérience semblable.
Des négociations furent poursuivies à l'EM du général Truscott à Mehdia plage pendant toute la nuit sauf en ce qui concernait les formalités d'armistice qui devaient avoir lieu à 8 heures du matin le 11 novembre devant la porte de la casbah. Le général Truscott attendit ce moment pour ouvrir le flacon d'argent qui lui avait été offert par son personnel à Londres lors de son départ pour participer à l'invasion qu'il avait aidé à préparer. Parmi ceux qui portèrent un toast à la victoire… Au moment prévu, le général Truscott et son EM, avec une escorte de tanks et de drapeaux flottant au vent, se rendit à la casbah sur laquelle flottait fièrement le drapeau américain, et y rencontra le général Mathenet avec ses officiers et son EM. Pendant qu'ils remplissaient les formalités d'armistice, l'odeur douçeâtre de la mort flottant dans l'air, les morts français étaient ramassés et enterrés à moins de 50 mètres de l'endroit où les négociations étaient poursuivies, et des jeunes officiers français, en les identifiant, leur rendaient tristement les honneurs.

MORT DU COLONEL CRAW

Le colonel Craw était l'officier air du général Truscott. Il était dans les plans du général d'envoyer le major Hamilton à terre avec son message au commandant français, et l'ordre avait été donné au major Hamilton de rejoindre le général à bord de l'Allen aussitôt que les bateaux arriveraient dans la zone de transport, Hamilton avait fait le voyage à bord du Clymer. Le colonel Craw qui parlait couramment le français et qui avait de nombreux amis français, demanda l'autorisation d'accompagner Hamilton et insista auprès du général pour qu'il les envoie tous les deux avec les premières vagues d'assaut. Il se sentait sûr de pouvoir persuader les français de ne pas se battre et était très désireux d'essayer. Le général voulait attendre jusqu'au jour, mais peu de temps après qu'Hamilton soit arrivé à bord du navire, (environ 3 h 30 du matin, il avait erré pendant 3 heures dans la zone de transport à la recherche de l'Allen), le général se laissa persuader par le colonel Craw et les deux émissaires débarquèrent vers 5 heures du matin.
Sur la plage, ils prirent une jeep et un chauffeur de la compagnie B du 540¥ génie et à 8 heures, ils avaient passé les premières lignes françaises et se dirigeaient vers Port Lyautey et le PC du colonel Petit. Ils avaient demandé une escorte en passant les lignes, mais les français avaient répondu qu'ils ne pouvaient manquer le PC. Vous n'avez qu'à suivre la grande route. Au moment où ils arrivèrent à la cote 191-4 d'où ils virent Port Lyautey pour la première fois, une mitrailleuse fit feu d'une position environ 200 mètres en avant d'eux et à leur droite. La rafale passa entre le major Hamilton et le chauffeur et atteignit le colonel Craw, le tuant sur le coup. Les français si alarmés de ce qu'ils avaient fait et si inquiets de représailles possibles, qu'ils arrêtèrent le major Hamilton et le chauffeur et les gardèrent prisonniers jusqu'à la nuit du 10.
Le colonel Craw fut enterré au cimetière militaire français, puis exhumé après l'armistice et enterré dans le cimetière militaire américain à Mehdia. Ses troupes aériennes nommèrent en son honneur le terrain d'aviation Craw Field. Il reçut le DSC, le major Hamilton la Médaille d'Honneur du Congrès, le conducteur la Médaille d'Argent.

LES FAUSSES PROPOSITIONS DE PAIX

Le matin du 9, on entendit dire que les français voulaient faire des ouvertures de paix et le général Truscott se rendit à Mehdia Plage vers midi pour rencontrer les émissaires français qui ne se présentèrent jamais. Voici l'explication de cet incident.
L'officier de renseignement du colonel Petit engagea celui-ci à contre attaquer le long de la plage de Mehdia pour couper les communications entre les navires américains et la côte. Il demanda un bataillon de goumiers, mais le colonel Petit, ne désirant pas engager une telle force, accepta finalement de le laisser tenter sa chance avec un détachement d'environ 30 hommes.
Le matin du 9, ils progressèrent le long de la rive sud du Sebou jusqu'à ce qu'ils aient atteint la partie nord de la plage. Quelques américains seulement étaient en vue, le lieutenant se mit debout pour les sommer à se rendre. Au lieu de cela, ils ouvrirent sur lui un feu si violent qu'il dut se rendre lui-même. Alors, dans le but de rejoindre son unité, il prétendit qu'il avait été envoyé par le colonel Petit pour organiser une conférence d'armistice entre le général Truscott et le colonel Petit. Les américains confiants, fixèrent une heure et un lieu pour cette rencontre et ramenèrent le lieutenant dans ses lignes sous le drapeau blanc.
Ses goumiers, sans chef restèrent cachés et continuèrent à tirer pendant toute la journée du 9 jusqu'à ce que le captain Mc Bride, de la compagnie B du 540¥ génie, commandant le détachement côtier de la green beach eut organisé une patrouille dans la soirée pour les capturer. Pour ce coup de main, il reçût l'Étoile d'Argent.\NOTE 05\

OBSERVATIONS GÉNÉRALES

Nous avons mis 48 heures ou plus à atteindre nos objectifs, mais si vous visitez la casbah, vous pouvez vous demander comment nous avons été capables d'y réussir. Les officiers français eux-mêmes insistent encore sur le fait que notre débarquement était impossible.
Les français se battirent bien malgré un équipement très inférieur. Il y eut beaucoup de ruse, tireurs cachés dans les habitations indigènes et autres astuces, qui donnèrent à nos garçons des leçons précieuses quoique coûteuses. Ils apprirent en peu de temps et peuvent être appelés maintenant des vétérans, leur moral était bon. Nos pertes furent relativement faibles si l'on considère les facteurs en présence. Le total connu actuellement atteint 200 dont 80 tués. Nous avons enterré 9 officiers l'autre jour, tous subalternes sauf le colonel Craw, air officier, qui fut tué en portant un ultimatum au commandement français. Les transmissions furent particulièrement mauvaises. Les engins d'accompagnement et les tanks furent très efficaces ainsi que le feu de nos unités navales, notre artillerie et notre aviation.
La marine laissa échapper une belle opportunité, la cible constituée par 30 à 40 camions sur la route venant de Petitjean, à 3 miles à l'est de Port Lyautey. Au lieu d'attaquer cette colonne par bombardement naval et aérien, l'amiral Kelly demanda la permission, ou plutôt offrit d'employer un seul de ces deux moyens. Libby reçut cette offre à 8h35, la colonne de camions avait été repérée à 7h25 !, il était trop tard pour que notre demande donne un résultat quelconque, mais nous fîmes quand même cette requête. En conséquence le général Cannon nous informa que l'officier chargé de l'appui aérien recevait les instructions de l'amiral à 10h30 ! Incidemment les renseignements G2, indiquent que les français étaient alertés longtemps avant l'attaque, des réserves ayant été envoyées de Meknès en direction de Port Lyautey dès 2 heures avant l'heure H. Nous fûmes aussi en retard pour nous rassembler à la ligne de départ, et de ce fait une bonne partie de nos sept premières vagues durent débarquer après l'aube. Les batteries côtières, les quatre avions et les mitrailleuses qui défendaient les plages causèrent des pertes et désorganisèrent l'attaque. Les français eurent de lourdes pertes, 750 tués est le chiffre cité dans un rapport que notre médecin chef reçût il y à deux jours, et nous découvrons encore maintenant des morts français. 950 prisonniers furent officiellement dénombrés. Beaucoup d'autres furent capturés puis relâchés sans prendre la peine de les compter. Toutes nos armes donnèrent satisfaction sauf le tommy gun qui semble être universellement condamné. Les tommys guns s'enrayaient si fréquemment que les officiers les jetaient et ramassaient des Springfields qui furent très appréciés. Le canon d'infanterie fit du beau travail, surtout en appuyant les tanks. Les tanks étaient utilisés comme appui, et ensuite le canon faisait l'exécution. Dans un cas particulier, des équipages de tanks quittèrent leurs tanks afin de pourchasser les ennemis dans un bois et de les traquer comme des lapins. Les forces blindées de débarquement ne perdirent qu'un homme en deux jours de bataille.

Nota.

En ce qui, concerne les pertes françaises, le colonel Petit commandant le 1e RTM, signale qu'il a eu 133 tués dont 21 officiers et 164 blessés dont 13 officiers. Nous ne savons pas si ces chiffres se rapportent à toutes les troupes françaises engagées dans cette opération, ou simplement au 1er RTM.
Ces rapports ont été soumis au général Eddy, commandant la 9e division par le lt-colonel Mc Leod, G2, qui accompagnait le général Truscott comme observateur.

Il y a dans cette dernière partie de nombreuses inexactitudes quant aux chiffres avancés et les intentions prêtées aux Français.

Casbah de Mehdia, Maroc Français

Vendredi 4 Décembre 1942, à 11 h.

Paroles adressées par le général LK Truscott Jr, au colonel Petit à l'occasion de la remise de la casbah de Mehdia aux forces Françaises.

"Mon Colonel, ici et aujourd'hui, c'est pour moi un privilège de vous remettre, à vous, le représentant de la France, ces vieilles fortifications si honorablement défendues par vos braves soldats. C'est avec une profonde satisfaction que je vois le drapeau tricolore flotter à nouveau à la place qui lui revient, symbole en ce lieu de nos Nations Unies."

LK TRUSCOTT, JR, Major General, USA. QUARTIER GÉNÉRAL DES FORCES ALLIÉES

APO 512 16 Janvier 1943

Colonel Petit
Commandant 1e RTM.
Port Lyautey, Maroc Français.

Mon Colonel,

C'est pour moi la cause d'un profond regret qu'il m'ait fallu quitter Port Lyautey sans vous dire adieu. Je comptais y revenir bientôt alors, mais la fortune de la guerre en a décidé autrement.
J'ai reçu avec beaucoup de gratitude la lettre que vous m'avez fait tenir par le colonel Hamilton. J'apprécie bien sincèrement les sentiments que vous y exprimez et soyez certain que j'y réponds d'un même cœur. Il est rare certainement que l'on rencontre sur le champ de bataille un homme que l'on puisse aimer, honorer et respecter comme un ami.
Je forme sincèrement le vœu que la fortune de la guerre et la destinée de nos Nations nous unissent à nouveau, camarades de combat au service d'une même cause.
Je vous prie de bien vouloir transmettre mes meilleurs vœux à Madame Petit. Avec particulière estime, je reste respectueusement votre.

LK. TRUSCOTT, JR
Major Général, USA.

QUARTIER GÉNÉRAL DE LA 9e DIVISION D'INFANTERIE

5 Février 1943

Colonel J. Petit
1e RTM. Port Lyautey.

Mon cher Colonel,

Je désire vous dire combien j'ai apprécié la coopération splendide que vous m'avez apportée depuis que je suis arrivé à Port Lyautey. Je veux aussi vous remercier de l'hospitalité et de toutes les attentions dont vous m'avez comblé, moi et mes officiers. Ce fut un plaisir que de travailler en commun avec vous et avec votre splendide régiment à la prompte défaite de notre ennemi.
Puissions nous bientôt unir à nouveau nos efforts quelque part en Afrique.

Bien sincèrement vôtre

M.S. EDDY
Major Général, USA.

QUELQUE PART EN AFRIQUE 3 MAI 1943

Mon cher colonel Petit,

Voici les premiers moments de tranquillité, à l'hôpital où je me remets de la grippe, que j'ai eue depuis mon départ de Port-Lyautey. Je n'oublierai jamais les jours chargés d'évènements passés là-bas, ni votre hospitalité amicale et généreuse. Mon seul regret est que la douleur que m'avait causée le combat ne se soit point aussi rapidement effacée que la vôtre, ce qui nous eut permis de profiter mieux encore de ce bref séjour à Port Lyautey. Je suis s°r de votre entière compréhension et quand je me reporte au moment où vous et vos officiers avez rendu les honneurs à nos morts et donné le détail du rïle joué par vos troupes dans la bataille, je comprends la profondeur de la sympathie et de l'amitié qu'un soldat peut offrir à de vieux amis de son propre pays. Il est bien regrettable que cet acte de véritable amitié ne se soit point déroulé en présence des autorités supérieures.
Je joins à cette lettre des photographies auxquelles je tiens beaucoup. Sur l'une je vous ai exprimé mes véritables sentiments. Peut-être seriez vous assez aimable pour dédicacer l'autre qu'il me serait alors possible d'envoyer chez moi en même temps que d'autres souvenirs. Je vous demanderais de l'envoyer à l'adresse que je mentionne plus loin. Soyez assuré du prix que j'attacherai à ce que vous aurez écrit.
J'ai reçu il y a quelques temps une lettre de ma femme dans laquelle elle me dit avoir reçu les photographies et les insignes du 1e RTM. et dans laquelle elle me décrit sa fierté d'avoir en sa possession ces inestimables souvenirs. Elle me demande aussi à vous et à Madame Petit ses profonds remerciements pour toutes vos bontés. Elle désire aussi bien vivement avoir un jour prochain le plaisir de vous recevoir aux États-Unis chez elle. Que ceci soit un rendez-vous que nous soyons bien sûr de tenir !

Je pense souvent à ce régiment de braves qu'est le 1e RTM. à ses hommes et ses officiers et à son glorieux passé guerrier. Que Dieu vous accorde à tous ses bonnes grâces.

Sincèrement vôtre

Frederick H. de Rohan
Colonel 60th Inf.

HEADQUARTERS ATLANTIC BASE SECTION - APO 759

8 Janvier 1944

Le Colonel Petit, Chef du Détachement Français de Liaison auprès des Autorités Américaines.

Mon cher colonel Petit,

On m'a rapporté qu'un certain journal marocain a publié un article désobligeant sur vous, apparemment basé sur votre conduite lors du débarquement américain à Port Lyautey.
En tant qu'officier le plus ancien de cette base, je suis celui qui vous a probablement connu le plus longtemps et le plus intimement pendant votre affectation ici. J'ai été particulièrement indigné par la teneur de cet article et je me tiens pour obligé à vous exprimer mon estime personnelle.
Comme soldat astreint à obéir aux ordres de mes supérieurs, je ne peux vous critiquer, vous, soldat, d'avoir obéi aux ordres qui vous étaient donnés, même si ces ordres allaient à l'encontre de vos sentiments et des miens. Vous avez immédiatement donné de nombreuses preuves de votre adhésion complète à la cause alliée aussi bien dès la cessation des hostilités lorsque vous vous 'tes joint aux officiers américains pour commémorer les morts, que plus tard lorsque vous receviez chez vous les officiers qui avaient combattu contre vous.
Pendant les mois où vous avez commandé le détachement de liaison et au cours desquels j'ai entretenu des relations intimes avec vous, vous n'avez jamais manquez de nous accorder votre collaboration sans réserve et toute votre courtoisie. Vous nous avez reçu chez vous et à votre mess, et par une multitude d'attentions délicates et d'amabilités qui ne pouvaient avoir aucun mobile politique, vous nous avez prouvé votre amitié, ainsi que la sympathie et l'intérêt que vous portez à l'Armée Américaine et à la cause pour laquelle nous nous battons.
Il est probablement inutile d'ajouter que j'ai la plus entière confiance en vous et que je vous considère comme un exemple remarquable de ce qui est beau dans l'Armée Française. Je choisis cependant cette occasion, colonel Petit, pour saluer en vous un camarade d'armes.

WARREN E. PUGH
Colonel GSC.
Chief d'État-Major

EXTRAIT DE LA REVUE AMÉRICAINE ESQUIRE de Février 1944

(traduction MF Fesquet)

Les conséquences sociales d'une visite par Paul Gallico

Le colonel Pierpont Hamilton prouva à Port-Lyautey, qu'un américain habitué à une vie facile, peut lui aussi avoir du courage en temps de guerre.

Le 8 novembre 1942, un dimanche matin, le fils de William Pierpont Hamilton, dont l'arrière grand-père fut Alexandre Hamilton, et de Juliette Pierpont Morgan, fille de John Pierpont Morgan, rendit une visite aux curieuses conséquences, entre autres : l'attribution de la Médaille du Congrès, la mort tragique d'un compagnon d'armes bien aimé, la comédie d'un joueur de clairon français qui avait bu un bon coup de vin ordinaire, l'épargne de milliers de vies et la naissance d'un nouveau héros de guerre américain.
Le nom du visiteur était Pierpont M. Hamilton de Tuxedo, New York, alors commandant et maintenant lieutenant-colonel dans l'Armée de l'Air Américaine. Le général commandant les Forces Françaises s'opposant au débarquement américain à Port-Lyautey, reçut la visite.
Il y a toutes sortes d'hommes dans notre grand pays et toutes sortes de héros. Dans notre zèle de glorifier le gagne petit qui abandonne son tour, son comptoir ou sa station d'essence pour porter le fusil et défendre sa terre natale, nous oublions quelquefois que les gens de bien sont eux aussi des citoyens américains qui figurent parmi les combattants.
Le colonel Pierpont Hamilton est le type même de ce qu'on pourrait appeler un patricien américain. Il est né dans la riche Texudo, NY, en 1898. Il suivit les cours de l'école St Bernard de l'Académie Groton et de l'Université de Harvard en 1917, obtint son brevet de pilote dans le corps aérien et sortit de la guerre comme lieutenant. Il passa 7 ans à Paris à la maison Morgan, ensuite mena sa carrière d'homme d'affaires aux EU. Ses trois fils : Chillin, Schuyler Hamilton, lieutenant dans l'aviation navale, David, Blair Hamilton, lieutenant dans l'armée de l'air et Jan, Morgan Hamilton, soldat dans les fusiliers marins des EU.
Ils sont durs et braves ces américains inconnus qui viennent des champs et des prairies ou des quartiers misérables des villes. Ils sont aussi durs et braves ceux qui viennent du sein même des richesses.
Le matin du 8 novembre, avant l'aube, quand l'armada américaine, s'approcha des côtes d'Afrique, trois hommes s'élancèrent vers le rivage, au devant des détachements d'assaut, dans une jeep chargée sur un chaland de débarquement. C'était le commandant Hamilton, le colonel Demas T. (Nick) Craw de l'armée de l'air et le soldat Orris W. Correy de Evart, Michigan.
Leur mission était de remettre un message émanant du général de division Lucien K. Truscott junior, commandant une unité tactique sous les ordres du général Patton et destiné au général de division Mathenet, commandant ce secteur. Ce message conçu pour permettre d'épargner des vies humaines, mettait bien en relief l'absence de visées territoriales de l'armée américaine, son affection pour la France, son désir de la voir libre et l'espoir d'une réception amicale.
Il fallait deux officiers d'État-Major pour ce déplacement. La mission fut confiée au commandant Hamilton en raison de sa parfaite maîtrise du français et sa connaissance de la région. Le colonel Craw était à la tête des formations aériennes du convoi. Mais comme ses unités ne pouvaient pas être utilisées avant la prise de l'aérodrome, il importuna le général Truscott pour obtenir de partir aussi.
Les deux officiers quittèrent leur tenue de combat pour se mettre en grand uniforme tandis que le soldat Corey portait sa tenue de combat. Ils grimpèrent dans la jeep garée à bord d'un chaland de débarquement, à 5 h 30 et se dirigèrent dans la mer cahoteuse vers l'embouchure de la rivière qui mène à Port Lyautey à 5 milles de là.
Leur plan était de remonter le cours d'eau le plus possible et ensuite d'accoster. Avant de partir Hamilton regarda longtemps une médaille de Saint Christophe que lui avait donnée sa femme.
Ils s'approchèrent de l'embouchure du fleuve entre deux jetées de pierres et furent accueillis par une tempête de canonnade et de mitraillage provenant des batteries côtières et des forces terrestres. Sous la mitraille les eaux grises se mirent à bouillonner, à écumer et à jaillir d'eux.
Deux choses devinrent immédiatement claires, déclare le commandant Hamilton. Notre débarquement allait se heurter à une forte résistance et il était d'autant plus impérieux pour Nick et moi de remettre au plus tôt notre message.
L'embouchure du fleuve s'avérant impossible à passer, ils décidèrent d'aborder en bas de la plage et de continuer à travers la campagne. Toute illusion sur leur possibilité de survie était écartée maintenant. La bataille atteignait son crescendo, les navires de guerre répondant aux batteries côtières. Des français et des américains mouraient.
Ils débarquèrent dans l'écume des vagues, leurs oreilles résonnant du cliquetis et du son perçant du métal volant autour d'eux et ils embourbèrent leur jeep dans un terrain mou. À ce moment trois chasseurs mitraillèrent la plage d'une hauteur de 8 mètres. Les trois hommes plongèrent dans le sable sous la voiture et entendirent le sifflement et le son mate des balles d'acier s'écrasant sur la jeep.
Les avions partis, ils amenèrent la jeep sur la route cimentée parallèle à la plage. La jeep n'avait pas de montage de mitrailleuse. Le siège arrière était rempli de caisses réglementaires, rations, ravitaillement et munitions.
Le soldat Correy s'assit dans le siège du conducteur à gauche, ayant le colonel Craw à sa droite, tenant deux drapeaux sur des hampes de 2m40, l'un étant le drapeau américain et l'autre le drapeau tricolore français. Hamilton s'assit à l'arrière sur les caisses, ses pieds pendant sur le côté droit de la jeep comme dans une charrette irlandaise. Il tenait en travers un grand drapeau blanc monté de la même façon.
En passant au bas du fort dont les canons crachaient de la flamme, de la fumée et de l'acier brûlant, ils tombèrent sur une compagnie d'infanterie française dont les soldats tout surpris ne tirèrent pas. Hamilton les salua de la main, cria bonjour et calmement continua.
Ils pénétrèrent dans une batterie tonnante d'artillerie de campagne. Avant que qui que ce soit ait réagi, Hamilton était hors de la voiture, demandant au jeune officier français son chemin pour aller porter un message au QG. L'officier complètement médusé, leur dit qu'en suivant la route ils ne pourraient pas se tromper. Ils avaient abouti au delà de toute espérance. Le soleil était monté dans le ciel clair d'Afrique, balayant la brume. Le tonnerre tempétueux de la bataille disparaissait derrière eux.
La tragédie frappa sans avertissement. Ils roulaient sur le bord d'une petite colline. Alors des silhouettes apparurent. Le soleil étincela de métal. Des étincelles rouges furent crachées sur eux à bout portant, pendant que les mitrailleuses caquetèrent dans une longue rafale de tir roulant. Le colonel Craw tomba sur Correy et la jeep s'arrêta avec un bruit aigu.
Personne ne sait pourquoi tous trois ne furent pas instantanément tués. Craw était déchiqueté. Correy et Hamilton n'avaient même pas une égratignure. Hamilton sortit de la jeep fou de rage. Un jeune officier apparut. Non de Dieu que voulez-vous faire en tuant mon colonel lui cria Hamilton dans un français de chauffeur. L'honneur de l'armée française est-il tombé si bas, sous l'influence allemande, que vous tirez même sur des drapeaux de parlementaires ? Où est votre capitaine ?
Celui-ci apparut, enivré par la poudre, brandissant un revolver et accompagné par une soldatesque l'arme au poing et le doigt sur la détente. Il vociféra : "Il n'est pas question de parlementaires, vous êtes mes prisonniers". (Ce passage est tout à fait inexact, tout comme les six lignes qui suivent sont plutôt romanesques)

Hamilton et Correy furent dépouillés de leurs armes individuelles, entassés dans une voiture avec un soldat braquant sur eux un pistolet automatique armé. Ils furent conduits à Port-Lyautey. Là l'aventure prit fin avec l'arrivée d'un colonel pointilleux. Le texte du message fut téléphoné au général qui le transmit au Maréchal Pétain. Mais il fallut attendre jusqu'au mardi soir pour avoir la suite des événements. Hamilton passa ce temps au QG. en demi liberté, en proie à des émotions variées. Il se souvenait d'avoir marqué sur la carte d'opération l'emplacement exact de ce QG. à l'intention de l'aviation et de l'artillerie au cas où le bombardement s'avérerait nécessaire.
Dans la soirée du troisième jour, le général Mathenet appela Hamilton et l'avisa de la réussite de sa mission. La résistance des français allait cesser. Une rencontre immédiate avec le général Truscott devait être préparée.
Hamilton demanda qu'un officier français l'accompagna au cas où les unités françaises qu'il pourrait rencontrer ne soient au courant de la cessation des hostilités. Il obtint satisfaction et eut même un joueur de clairon, qui n'arrêta pas de jouer une fastidieuse version de cessez le feu, que des heures plus tard quand ils rencontrèrent un avant-poste américain où Hamilton prit contact avec le général par radio. La guerre était terminée, il ne restait à accomplir que le triste devoir de prendre possession du corps du vaillant colonel Craw.
Ce dernier reçut la Médaille d'Honneur à titre posthume. Le soldat Correy gagna la croix du Service Distingué. Le commandant Hamilton fut promu lieutenant-colonel et le ruban bleu de la Médaille du Congrès fut passée autour de son cou par le général de brigade Spaatz à Alger.
Et c'est ici que se termine l'histoire d'un américain connu dans sa vie publique et privée qui en relatant à sa femme cette aventure, la décrivait ainsi... Comment le chauffeur et moi évitèrent d'être descendus aussi, personne ne le saura. Je sais que j'avais regardé très longtemps votre médaille de Saint Christophe, avant de quitter le navire et peut-être a-t-il persuadé le Seigneur que je ne valais pas la peine d'être pris. De toutes façons, depuis ce moment jusqu'à la fin de ma vie, je suis maintenant en période empruntée.
Il ne signale pas que s'il avait échoué dans sa mission et si les français avaient continué à se battre, le temps aurait marché et la vie serait finie pour plusieurs milliers de jeunes américains, les petits gars des montagnes, des prairies, des fermes et des villes, tous hommes qui sont en vie aujourd'hui parce que le commandant Hamilton est allé en visite.

UN SALUT AUX COMBATTANTS DES FORCES TERRESTRES DE L'ARMÉE DES ÉTATS-UNIS

Des officiers héroïques risquent leur vie pour des hommes
(Un épisode véridique de l'invasion de l'Afrique du Nord)

Traduction de l'article paru dans le magazine Life.

La jeep a transporté des hommes braves dans d'innombrables actions d'éclat sur tous les fronts. Mais jamais une jeep n'a participé à une action plus héroïque que celle qui est dépeinte par l'illustration ci-dessus.
Voici l'histoire telle qu'elle est racontée pour la première fois par un commandant des Forces Terrestres Américaines qui débarquèrent à Port- Lyautey :
Très tït le matin du jour de l'invasion de l'Afrique du Nord, nous nous trouvions au large de Casablanca. Exactement en face de nous était le centre de Port-Lyautey, l'un des plus puissants points fortifiés tenu par les français. Leur commandant avait installés on État-Major dans un vieux fort portugais, sur une colline, à environ 500 mètres de la côte.
À la pointe du jour, nos péniches, servies par du personnel de la marine, et transportant des jeeps, des tanks et des forces terrestres de l'Armée des États-Unis, furent misent à l'eau. Nous cinglâmes vers la côte dans une houle de 5m40 de creux.
Quand nous étions à peu près à mi-chemin, les défenseurs ouvrirent le feu sur nous avec toutes leurs armes. Même avant que nous ayons atteint la plage, leur artillerie et leur aviation nous rendaient la tâche très difficile.
Nos jeeps furent les premières à atteindre le sable de la plage et sortirent des péniches en faisant feu de leurs mitrailleuses.
Pendant toute l'opération, l'esprit d'équipe entre l'Armée et la Marine fut parfait.
Mais il y eut un exemple de courage personnel, pendant ces trois jours de bataille, qui restera gravé dans ma mémoire même si je dois vivre mille ans.
Voyez-vous, l'officier qui commandait notre expédition, un vieux de la vieille, apportait un important message destiné au commandant du fort. Il pensait que si ce message pouvait arriver à destination, il y avait de fortes chances que les défenseurs s'arrêtent de tirer et pour qu'on évite ainsi de verser inutilement beaucoup de sang.
Dans ces conditions, sur une hampe fixée à droite de sa jeep, il fit mettre un drapeau américain, à gauche un drapeau tricolore et au milieu un drapeau blanc.
Il fallait que ce message atteigne le fort. Notre colonel et un autre officier qui se déclara volontaire pour conduire la jeep, tentèrent cette aventure.
Avec ces trois drapeaux flottant au vent, cette jeep sortit la première de la péniche. Elle se dirigea à toute vitesse à travers la plage, sur la côte qui menait au fort, en plein sous le feu d'une batterie d'artillerie côtière de 138mm et de mitrailleuses.
Nous pensions que si les officiers voyaient leur propre drapeau à coté du drapeau blanc et de la bannière étoilée, ils feraient cesser le feu et le message pourrait arriver à destination.
Mais cela ne se passa pas de cette façon. Quand la jeep en pleine vitesse arriva aux deux tiers de la côte, alors que nous pouvions penser qu'elle arriverait, une rafale de mitrailleuse tua le colonel et mit la jeep hors de combat. L'autre officier s'en tira la vie sauve, et quoique fait prisonnier, termina sa mission et reçut plus tard la Médaille d'Honneur du Congrès
C'est ainsi que le rideau s'abaissa sur un des plus beaux exemples qu'on puisse voir sur tous les fronts de cette guerre, d'héroïsme personnel, dépassant même l'appel du devoir.

"COMMENT ON ÉCRIT L'HISTOIRE !" note de J.Petit

Extrait de l'ouvrage sur L'Histoire de la Guerre pendant le 4e trimestre de l'année 1942
Par Mr. Philip P. GRAVES
(Publié par Hutchinson et Cie à Londres et New York).

L'expédition Nord Africaine.

À Safi, Mehdia et Fédala, la résistance française aux troupes de débarquement ne fut pas particulièrement vigoureuse...

DDDRFF THE WHITE HOUSE, WASHINGTON.

CITATION POUR L'ORDRE DU MERITE, Rang d'officier.

Colonel Jean, Louis PETIT, officier d'État-Major, Armée Française.

Pour conduite exceptionnelle méritoire dans l'accomplissement de remarquables services du 7 août au 19 septembre 1944, en tant qu'officier commandant la Mission Militaire Française attachée au 6e Corps d'Armée des États Unis, le Colonel Petit a fait preuve d'une diligence et d'une ingéniosité qui ont permis aux généraux commandant le 6e Corps et l'Armée française d'être toujours complètement informés des ordres et des plans tactiques.
Assurant en outre un service de liaison avec les FFI, il a été en mesure de procurer des renseignements importants sur les dispositifs et les mouvements allemands, bien en avant de nos troupes.
Avec une grande valeur militaire, un parfait esprit de compréhension et un grand désir de coopération, le colonel Petit s'est rendu utile de toutes les façons possibles. Par ses contacts personnels et une connaissance parfaite des systèmes d'État-Major américain et français, le colonel Petit a réalisé un grand exemple de liaison entre les Forces Armées des deux Nations Unies.

Signé: FRANKLIN DELANO ROOSEVELT

Brevet en date du 30 Novembre 1944.

Le colonel Jean Petit a été aussi décoré entre autres de la Bronze Star.

MORTS AU CHAMP D'HONNEUR


1e RTM

Chef de Bataillon SEGOND...................................Cdt le 1e Bn...................... 08-nov-42
Capitaine SAINT-RAYMOND.................................Adjt Major au 2e Bn..........08-nov-42
Capitaine LAINEY...................................................Cdt la 5e Cie......................08-nov-42
Capitaine JOB.........................................................Cdt la 2e Cie......................08-nov-42
Lieutenant TALABARDON.....................................de la 2e Cie....................... 08-nov-42
Lieutenant DURIN..................................................Cdt la 7e Cie...................... 08-nov-42
Lieutenant AHMED BEN HADJ.............................de la 7e Cie........................08-nov-42
Aspirant FOIX..........................................................de la 2e Cie....................... 08-nov-42

7e RTM

Lieutenant BREILLOUT...........................................du 1e Bataillon..................08-nov-42
Lieutenant LANTHEAUME......................................du 1e Bataillon..................09-nov-42
Lieutenant HAZARD .............................................. du 2e Bataillon..................09-nov-42
Lieutenant FOULON .............................................. du 1e Bataillon..................10-nov-42
Lieutenant DESAIVRE.............................................du 1e Bataillon..................10-nov-42

3e REI

Capitaine PERNIN..................................................................................................09-nov-42
Capitaine SALESSE................................................................................................09-nov-42

79e GOUM

Capitaine LE BOUTEILLER....................................................................................09-nov-42

64e RAA

Lieutenant PALLEZ.................................................................................................10-nov-42

MARINE

Ce de corvette MATHON........................................Ct la 3e Flottille Aéro-Nav....08-nov-42
Lt de vaisseau HARDY............................................................................................08-nov-42
Lt de vaisseau LE GRIX DE LA SALLE...................................................................08-nov-42
Lt de vaisseau JUMIERE.........................................................................................08-nov-42

OFFICIERS USA

Colonel Demas T. CRAW........................................HQ-STF-Goal Post.................08-nov-42
Lieutenant Thomas WILHOIT................................Naval aviation........................08-nov-42
Lieutenant Harry C. HELLER.................................Co E-60 th infantry...............08-nov-42
Lieutenant Charles DUSHANE..............................Co E-60th infantry.................08-nov-42
Lieutenant George E. DUANE................................60th infantry..........................08-nov-42
Lieutenant William M. WICKER............................Co E-60th infantry.................08-nov-42
Lieutenant Hoe W. SPEARS ..................................Hdq Co 2d Bn-60th inf...........08-nov-42
Lieutenant Fred B. HILL........................................Co G-60th infantry..................09-nov-42
Lieutenant J. G.S.M. AMESBUR............................Pilot F9-USN............................09-nov-42

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